Un nouveau témoignage anonyme s’ajoute à la série d’accusations visant Patrick Bruel. Selon les récits rassemblés depuis la publication d’une enquête en mars, plusieurs femmes ont dénoncé des « agressions sexuelles » et des « viols » attribués au chanteur pour des faits présumés s’étalant de 1991 à 2019.
Le récit glaçant d’un rendez‑vous professionnel en 2019
Ce vendredi 8 mai, Libération a publié le témoignage d’une femme de 33 ans qui affirme avoir été agressée lors d’un rendez‑vous présenté comme professionnel en 2019. Elle raconte que, après avoir été invitée chez l’artiste et après qu’il lui eut servi un thé, la situation a basculé.
« Je me revois dans son lit, allongée sur le côté, en train de me faire sodomiser. Je ne suis pas dans mon corps », rapporte la plaignante, qui évoque par ailleurs « le sentiment d’avoir été droguée » et ajoute avoir senti « le sperme couler entre ses cuisses ». Le récit, offert sous couvert d’anonymat, s’inscrit dans un ensemble de prises de parole qui font monter la pression médiatique autour du chanteur.
Un effet boule de neige après l’enquête de Mediapart
En mars dernier, Mediapart publiait une enquête relayant plusieurs témoignages accusant Patrick Bruel d’agissements à caractère sexuel. Depuis, d’autres voix se sont levées et les témoignages se sont multipliés : la rédaction évoque désormais une quinzaine de nouvelles prises de parole réunies par Mediapart, portant à « près de trente » le nombre de femmes qui ont pris la parole depuis l’ouverture du débat public.
Face à ces révélations, Patrick Bruel a, depuis le début de la polémique, nié les faits qui lui sont reprochés. Néanmoins, l’ampleur des témoignages a eu des répercussions publiques : la tournée de l’artiste est présentée comme « menacée » et une pétition a été lancée, témoignant de la réaction d’une partie du public et des milieux culturels.
Malgré la multiplication des récits, il est important de rappeler que, devant la justice, toute personne demeure présumée innocente tant qu’une décision judiciaire définitive n’a pas été rendue.
Le témoignage d’une ancienne candidate à Miss France
Parmi les voix qui se sont exprimées figure Florima Treiber, ancienne candidate au titre de Miss France. Selon le récit publié, elle avait 20 ans lorsqu’elle a croisé Patrick Bruel, alors membre du jury. L’artiste, âgé de 48 ans à cette période, aurait pris ses coordonnées en coulisses et promis, selon elle, d’évoquer des perspectives de carrière.
La jeune femme raconte avoir été invitée à un concert des Enfoirés, puis rencontrée à la cérémonie des Molières en avril 2008, où elle travaillait comme hôtesse. Après l’événement, elle rapporte avoir accepté un thé au domicile du chanteur. Après avoir décliné du champagne, elle décrit une insistance de la part de Patrick Bruel et un sentiment d’inconfort grandissant.
« Là, j’étais face à un animal, la sueur au front… Et il m’a dit qu’il ne m’avait rien promis », confie-t‑elle, selon le témoignage rendu public. Florima Treiber indique avoir mis plusieurs années avant de pouvoir en parler à ses proches.
Ces récits, rapprochés les uns des autres par les enquêtes journalistiques, contribuent à dresser un panorama de plaintes et d’accusations s’échelonnant sur plusieurs décennies. Ils soulèvent des questions sur la manière dont ces faits présumés ont été traités, ou non, dans le temps.
Pour l’heure, les éléments rassemblés relèvent principalement de témoignages publics et d’enquêtes de presse. Les suites judiciaires éventuelles, si elles devaient être engagées, détermineraient la qualification précise des faits allégués et la responsabilité pénale de chacun.
Dans ce contexte tendu, la parole des plaignantes concentre l’attention médiatique et publique, tandis que la présomption d’innocence demeure le principe juridique applicable jusqu’à ce qu’une décision de justice en dispose autrement.


