Matthieu Delormeau relance le débat people en rapprochant addiction et cancer : plaidoyer pour la compassion ou comparaison maladroite qui divise l’opinion

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Invité sur Europe 1 par Olivier Guenec pour présenter son ouvrage Addictions : « Il a suffi d’une fois… », Matthieu Delormeau a suscité la controverse en établissant un parallèle entre cancer et addiction. Quelques jours après sa présence au Festival du Livre de Paris, le chroniqueur, actuellement en promotion, a abordé sans détour les jugements rapides dont sont parfois l’objet les personnes dépendantes.

Des propos qui tranchent

Au micro d’Olivier Guenec, Matthieu Delormeau a tenté de déconstruire les idées reçues : « Parfois, quelqu’un qui a un cancer est plus responsable de son cancer que quelqu’un qui va être drogué et malade », a-t-il déclaré. Il a illustré son propos par un exemple provocateur : « Quelqu’un qui fume quatre paquets de clopes par jour et qui a un cancer, on va tous avoir de l’empathie. Mais quelqu’un pourrait lui dire : ‘Mec, tu as tout fait pour l’avoir ! Maintenant, nous, on paie, la sécu… Les arrêts maladie !’ On ne dit pas ça… D’autant qu’il y a des gens qui ont un cancer du poumon qui n’ont jamais fumé. C’est plus compliqué, le problème. »

Ces mots, prononcés dans le cadre de la promotion de son livre, n’ont pas manqué de diviser l’audience. Sur les réseaux sociaux, une partie des internautes a critiqué le parallèle, estimant qu’il pouvait minimiser la singularité des parcours de dépendance. D’autres ont salué la volonté d’ouvrir le débat et de lutter contre la stigmatisation.

L’addiction reconnue comme maladie

Tout au long de l’entretien, Delormeau a insisté sur la dimension médicale de l’addiction. « Si je suis tombé dedans, c’est que je ne savais pas que j’avais déjà une prédisposition, dans mon cerveau, qui était déjà malade et qui allait, un jour ou l’autre, finir par trouver une sorte de récompense ou un substitut à quelque chose », a-t-il expliqué, poursuivant : « C’est une maladie. Je sais qu’elle n’a pas bonne presse, mais c’est important d’en parler pour que les gens comprennent. »

Le chroniqueur a détaillé la mécanique psychologique qui, selon lui, alimente la rechute : culpabilité, anxiété et isolement forment un cercle vicieux. « T’es coupable de te droguer, de rater ta première cure, de faire une rechute… Cette culpabilité te ronge et tu reconsommes », a-t-il insisté, mettant en lumière la pression morale qui pèse sur les personnes en difficulté.

Dans le cadre de son intervention, Delormeau a appelé à modifier le regard porté sur les addictions. Plutôt que d’accabler, il préconise d’accompagner et de soutenir les personnes concernées, car, selon lui, « malgré les rechutes, le combat continue et mérite d’être épaulé ». Ce plaidoyer fait écho au contenu de son livre, publié aux éditions Leduc (@editionsleduc).

Le passage radio a été relayé en ligne, notamment via un message mentionnant l’échange : « ‘T’es coupable de te droguer, de rater ta première cure, de faire une rechute… Cette culpabilité te ronge et tu reconsommes’ 😳 🎙️ Matthieu Delormeau, était au micro d’ @olivier_guenec pour son livre ‘Addictions : “Il a suffi d’une fois…”’ aux @editionsleduc . Il évoque… pic.twitter.com/0AjHAEjDvt ». Le tweet a contribué à amplifier la discussion autour des propos tenus.

Au-delà de la polémique, l’intervention met en lumière une tension récurrente dans les débats publics : la frontière parfois floue entre responsabilité individuelle et déterminants biomédicaux ou sociaux de la maladie. En évoquant sa propre expérience et la prédisposition biologique, Delormeau a cherché à humaniser le sujet et à inviter à la compréhension.

Reste que le parallèle entre cancer et addiction, en particulier l’idée que certaines formes de maladie suscitent plus d’empathie que d’autres, a été perçu comme dérangeant par une partie du public. Pour les spécialistes et les associations, la comparaison exige précision et prudence, étant donné la diversité des causes et des contextes cliniques.

Quoi qu’il en soit, l’échange sur Europe 1 a eu le mérite de relancer la conversation sur les addictions et leur traitement social. Matthieu Delormeau, par ses propos et son livre, invite à un débat animé mais nécessaire sur la manière dont la société accompagne les personnes en souffrance.

Society News

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