Nathalie Saint-Cricq, 63 ans, a profité d’un entretien accordé à Télé Star ce 27 avril pour revenir sur sa récente incursion dans la fiction et sur l’état de sa carrière d’éditorialiste politique. Le 2 avril, elle a publié son troisième roman, La petite mère, aux éditions de l’Observatoire, une œuvre qui la place pour un temps hors des plateaux et au cœur d’une intrigue judiciaire remontant aux années 1990.
Une intrigue judiciaire et une passion pour les enquêtes
Dans La petite mère, Nathalie Saint-Cricq raconte l’histoire d’un avocat sur le point de prendre sa retraite qui voit ressurgir une affaire vieille de vingt ans. En 1995, il avait obtenu l’acquittement d’une jeune femme soupçonnée d’avoir enterré son nouveau-né dans une clairière. Vingt ans plus tard, des éléments nouveaux le troublent et relancent ses questions : « Qui est le coupable ? Qui est le complice ? », interroge la narratrice.
Sur le ton de la confidence, la journaliste admet que sa vocation aurait pu être différente : « Si je n’avais pas été journaliste, j’aurais été flic », confie-t-elle à Télé Star. Ce glissement vers le roman policier permet à Saint-Cricq d’explorer un goût pour les énigmes et la vérité qui traverse sa carrière de journaliste.
Une relation ambivalente à la politique
Interrogée sur un possible retrait de la sphère politique, la journaliste se montre lucide et distante. « La politique me déçoit beaucoup », affirme-t-elle, avant de rappeler qu’elle a couvert des personnalités marquantes : « J’ai connu la fin de Mitterrand, j’ai fréquenté Giscard, Chirac, Pasqua. Aujourd’hui, c’est un peu moins excitant. »
Elle déplore le rôle croissant de la communication dans la vie publique : « On est de plus en plus à l’ère de la com’. Je suis moins enthousiaste, peut‑être parce que j’ai vieilli. » Ces mots traduisent une fatigue critique, sans annonce formelle de départ, mais ouvrent la porte à une réorientation professionnelle, au moins partielle, vers l’écriture.
La question de la transmission au sein de la famille a aussi été abordée. Filleule d’un univers politique médiatique — elle est la belle‑sœur d’Alain Duhamel —, elle évoque son fils, Benjamin Duhamel, lui aussi éditorialiste. À la proposition de coanimer une émission avec lui, sa réponse est catégorique : « Je ne pourrais pas parce que ce n’est sain ni pour lui ni pour moi. »
L’affaire Éric Ciotti : la bourde qui a fait parler
L’entretien revient également sur l’incident qui a récemment marqué sa carrière publique. Lors du premier tour des élections municipales, sur l’antenne de franceinfo, Nathalie Saint-Cricq a cru que son micro était fermé et a qualifié Éric Ciotti, arrivé en tête à Nice, de « Benito » Mussolini. Cette remarque a suscité une vive polémique et conduit la chaîne publique à l’écarter de la couverture du second tour.
« Ils devaient marquer le coup », commente aujourd’hui la journaliste, qui souligne par ailleurs un élément technique : « Il y a une erreur technique : un micro n’a pas été coupé. » Elle confie aussi la douleur du retrait : « Moi qui adore les soirées électorales, je me suis vraiment sentie punie de regarder celle du second tour de chez moi. » S’attachant à dédramatiser, elle ajoute : « C’est mon tempérament de dire des blagues tout le temps. C’est miraculeux que ce ne soit pas arrivé avant. »
Saint‑Cricq indique enfin s’être expliquée en privé avec le nouveau maire de Nice, sans donner plus de détails sur cet échange.
Entre roman et plateau, l’éditorialiste oscille aujourd’hui entre lassitude face à la communication politique dominante et envie de revenir à une écriture plus personnelle. Sans annonce de rupture nette avec les médias, sa nouvelle œuvre, publiée le 2 avril, marque néanmoins un tournant dans son agenda professionnel.


