Patrick Sébastien revient sur le devant de la scène musicale avec Olé Osé, volume II, un nouvel opus présenté comme « festif et interdit ». L’album contient 14 titres, dont dix inédits, et suscite déjà l’attention pour l’un d’entre eux, sobrement intitulé « Delphine » et directement adressé à Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions.
Un titre qui ravive une rupture publique
Le choix du sujet n’est pas anodin. En 2019, Patrick Sébastien a quitté France Télévisions dans des circonstances qui ont marqué les esprits. Lors d’entretiens, il expliquait avoir été remercié en invoquant sa catégorie démographique : « J’ai été viré pour ça, quand même : ‘Homme blanc de plus de cinquante ans.’ Tu m’aurais dit ça à l’époque, je me serais dit ‘merde’, quand même. Normalement, ça devrait être interdit par la loi, on n’a pas le droit de virer quelqu’un en raison de son âge, de son sexe ou de sa couleur de peau », déclarait-il à nos confrères de Télépro.
Lors de son audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, l’animateur avait pointé Delphine Ernotte comme responsable de sa mise à l’écart : « D’entrée, Madame Ernotte voulait me dégager », avait-il assuré. Ces déclarations ont laissé une empreinte durable dans les échanges publics autour du départ de l’animateur.
Un artiste prolifique entre livre, tournée et nouvel album
Depuis son départ, Patrick Sébastien ne s’est pas tourné les pouces. L’automne dernier, il publiait le livre Même pas peur (Éditions XO), et il mène parallèlement une tournée dans toute la France. Sur le plan musical, après le succès de l’album Olé Osé en 2025, il présente aujourd’hui le volume II, que son équipe décrit comme composé de dix chansons « inédites, festives et interdites ».
Parmi les titres annoncés figurent Il Est Beau Le Cucul, La Majorette, C’Est Pas Tromper et, en ouverture du disque, Delphine. La présence d’un morceau explicitement nommé et adressé à la présidente du service public renforce le côté polémique et people de cette sortie.
Paroles crues et réactions contrastées
La chanson Delphine reprend un couplet explicite qui ne passe pas inaperçu : « Delphine, si t’avais connu ma p***, on aurait été si heureux. Delphine, si t’avais connu ma p***, on aurait été amoureux. Delphine, si t’avais connu ma p***, tu aurais eu des larmes aux yeux. Delphine, si t’avais connu ma p***, ça aurait été merveilleux », entonne Patrick Sébastien, avant que les chœurs n’ajoutent : « Delphine, si t’avais connu sa p***, il serait resté sur France 2 ». L’artiste commente lui‑même : « Je sais bien, je ne devrais pas mais je ne peux pas m’en empêcher ».
Publié sur les réseaux, l’extrait a suscité des réactions vives. Les commentaires de fans oscillent entre l’hilarité et la vindicte : « Je pleure de rire », « Simple. Efficace » ou encore « Delphine récolte ce qu’elle a semé », peut‑on lire. En revanche, la réaction de Delphine Ernotte n’est pas connue à ce stade ; aucune prise de parole publique ne semble avoir été rendue publique sur ce point.
Entre provocation et liberté d’expression
Le morceau met au premier plan la question de la provocation artistique face aux acteurs institutionnels. D’un côté, l’auteur‑interprète use de l’humour cru et du registre populaire qui ont fait sa carrière. De l’autre, la cible étant la présidence d’un groupe audiovisuel public, le geste prend une tournure symbolique qui ne manquera pas d’alimenter le débat.
Sans éléments nouveaux permettant de savoir si ce titre entraînera des suites formelles — plainte, mise au point éditoriale ou réaction publique de France Télévisions — il appartient au public et aux médias de mesurer l’impact de cette provocation. Pour l’heure, l’accueil des auditeurs semble majoritairement moqueur ou conquis, tandis que les observateurs noteront que l’artiste utilise son art pour régler, de manière directe, des comptes personnels.
Quoi qu’il en soit, Olé Osé, volume II promeut une image fidèle au personnage de Patrick Sébastien : sans filtre, provocateur et résolument tourné vers le divertissement populaire. Le disque, comme la tournée et l’activité éditoriale de l’animateur, confirment qu’il reste une figure à la fois clivante et suivie du paysage médiatique français.


