Invitée de l’émission 20h30 le dimanche présentée par Laurent Delahousse le dimanche 12 avril 2026, Laure Manaudou est revenue avec émotion sur la pression médiatique qu’elle a subie à ses débuts. À 17 ans, la championne, née le 9 octobre 1986 à Villeurbanne, avait déjà marqué les Jeux olympiques d’Athènes le 15 août 2004 en devenant la deuxième Française sacrée en natation aux Jeux, après Jean Boiteux.
Des images qui ravivent des blessures
Pour cette intervention, Laurent Delahousse — présenté dans le générique comme le compagnon d’Alice Taglioni — a choisi de projeter des extraits du documentaire Laure, Laure, Laure, diffusé sur Canal+. Ces images d’entraînements à Mulhouse, issues du film signé Laurie Delhostal et Guillaume Priou, montrent notamment la pression constante des journalistes au bord du bassin.
Laure Manaudou a laissé transparaître un véritable malaise à la vue de ces séquences. « Quand je vois ça, je me dis : ‘Mais comment c’est possible ?’ Même il y a 20 ans, comment c’est possible de ne pas respecter quelqu’un qui est juste là pour nager, pour être la meilleure ? » a-t-elle lancé, la voix chargée d’émotion.
Elle a dénoncé une intrusion permanente dans son espace de performance, estimant que la présence de la presse pendant les séances d’entraînement constituait des conditions peu compatibles avec la performance sportive : « Ce ne sont pas des conditions, celles-là, pour performer. »
Une surexposition qui dépassait le cadre sportif
Au fil de l’entretien, la nageuse a également pointé la manière dont la couverture médiatique débordait du strict cadre sportif. Elle a évoqué en particulier un numéro du magazine L’Équipe dont la Une, titrée « S.O.S. Manaudou », se serait éloignée des sujets liés à la natation. « Ce magazine est censé parler de sport et ça ne l’était pas, donc c’était compliqué pour moi », a-t-elle commenté, rappelant que sa vie privée et son image avaient souvent pris le pas sur ses performances.
Cette surexposition, selon elle, a contribué à aggraver les moments difficiles qu’elle a traversés jeune athlète. Invitée après avoir été éliminée de Danse avec les stars, Laure Manaudou a confronté son passé dans un registre intime, sans chercher à minimiser l’impact de cette exposition médiatique sur sa trajectoire personnelle et sportive.
Dans la conversation, elle a aussi salué les évolutions intervenues dans le monde du sport : « Le sport a changé, le respect du sportif a changé, la santé mentale aussi. Elle est vraiment au cœur de tous les objectifs en tout cas. »
La phrase a été relayée sur les réseaux lors de l’émission : « C’était il y a 20 ans, le sport a changé, le respect du sportif a changé, la santé mentale est au cœur de tous les objectifs » Laure @Manaudou raconte les moments difficiles qu’elle a vécus avec son exposition médiatique lorsqu’elle était jeune #20h30LeDimanche pic.twitter.com/LMGqHGReCM
Le documentaire comme occasion de raconter autrement
Le film Laure, Laure, Laure, d’une durée annoncée de 90 minutes, propose ce face-à-face avec le passé. Réalisé par Laurie Delhostal et Guillaume Priou, il explore des thèmes jugés modernes par Laurent Delahousse, qu’il a qualifié d’« incroyable » et d’« extrêmement émouvant ».
Dans ce long-format, Laure Manaudou ne se contente pas de revenir sur ses résultats : elle aborde la santé mentale des athlètes, la surexposition médiatique et la place des femmes dans le sport au début des années 2000. Vingt ans après ses exploits aux JO d’Athènes, elle se confronte à sa propre histoire et livre un témoignage à la fois intime et lucide.
Laure a évoqué la double contrainte d’être performante tout en subissant une attention médiatique permanente : « À force d’entendre qu’on jouait sa vie, elle finissait par le croire », a résumé l’émission en restituant son propos. Face à Delahousse, la nageuse a terminé sur une note plus apaisée et reconnaissante : « J’ai le cœur serré, mais je me suis relevée parce que j’étais entourée aussi, et heureusement qu’aujourd’hui, ce n’est plus le cas. »
Ce témoignage, porté par les images d’archives, rappelle que derrière les médailles et les titres, il y avait une femme exposée et parfois vulnérable, qui aurait souhaité simplement pouvoir « nager en paix ». Le documentaire et l’entretien télévisé ont rouvert des cicatrices, tout en soulignant l’évolution des pratiques et des préoccupations autour de la santé mentale dans le sport.


