La polémique autour de CNews a pris une tournure publique cette première semaine d’avril 2026. Après des accusations de « racisme » portées par le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, le journaliste Patrick Cohen a affirmé lundi 6 avril sur Les Grandes Gueules que la chaîne était « hors‑la‑loi ». Invitée le lendemain sur le plateau de Tout beau tout n9uf (TBT9), Marlène Schiappa a répondu et relativisé ces accusations, tout en pointant des pratiques similaires selon elle dans d’autres émissions.
Les propos de Patrick Cohen et leur portée
Intervenant dans l’émission Les Grandes Gueules le 6 avril 2026, Patrick Cohen a estimé que « dans l’état actuel et c’est purement factuel, je pense que CNews est hors‑la‑loi ». Il a appuyé son affirmation en se référant à la loi de 1986, qui prévoit un pluralisme interne au sein de chaque chaîne de télévision, et qu’il juge non respectée par CNews.
Cette prise de position intervient dans un contexte tendu : des critiques publiques sur la ligne éditoriale de la chaîne se sont multipliées, et le terme « raciste » a été employé par Bally Bagayoko, maire LFI de Saint‑Denis, à l’encontre de CNews. Les déclarations de Cohen ont alimenté le débat sur le respect du pluralisme et la responsabilité des médias dans l’espace public.
La réplique de Marlène Schiappa sur TBT9
Le 7 avril 2026, Marlène Schiappa, ancienne ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a pris la parole sur le plateau de Tout beau tout n9uf pour répondre aux propos de Patrick Cohen. Elle a reconnu que « CNews ait une ligne éditoriale, c’est l’évidence même », mais a contesté l’idée que la chaîne soit « hors‑la‑loi ».
Pour elle, « sinon C à vous est hors‑la‑loi aussi ». Schiappa a illustré son point par un exemple concret : la journaliste Claire Geromini, dont elle dit avoir signé la préface, et qui, selon Schiappa, serait « boycottée par tous les médias dits de gauche » après avoir mis en avant un fait concernant l’auteur d’une agression dont elle a été victime. Schiappa précise que la personne incriminée était sous OQTF (Obligation de quitter le territoire français), et affirme que ce renseignement est un fait.
Elle a poursuivi en défendant le principe que les émissions peuvent choisir leurs invités : « Moi, je peux vous faire une liste d’auteurs qui ne sont jamais invités dans C à vous. » Et d’ajouter : « Si C à vous a le droit de choisir ses invités, CNews a le droit de choisir ses invités. »
Un débat sur le pluralisme et le choix des invités
La controverse met en lumière deux questions distinctes mais liées : le respect du pluralisme interne imposé par la législation et la liberté éditoriale des émissions et des chaînes. Patrick Cohen invoque la loi de 1986 pour qualifier l’absence de pluralisme de mise en cause juridique. Marlène Schiappa, elle, privilégie un argument d’équité entre chaînes et émissions, soulignant que le choix des invités est aussi un exercice éditorial.
Les déclarations de Schiappa ont été relayées sur les réseaux sociaux, notamment via un extrait tweeté contenant la phrase : « Si CNews est hors‑la‑loi, alors C à Vous est aussi hors‑la‑loi. Je peux vous faire une liste de personnes qui sont interdites chez #Cavous (…) Si #Cavous a le droit de choisir ses invités, alors CNews peut le faire également… » (voir pic.twitter.com/91IUF5sd5v).
Ni Cohen ni Schiappa n’apportent dans ces interventions une décision juridictionnelle tranchant la conformité de CNews à la loi de 1986. Les critiques et les contre‑arguments restent donc, pour l’heure, de nature politique et éditoriale plutôt que judiciaire.
Ce que dit le contexte médiatique
Le débat s’inscrit dans une période de questionnements récurrents sur le rôle des médias dans la polarisation politique et sociale. Les accusations de partialité touchent plusieurs chaînes et émissions de bords différents, et alimentent un dialogue public sur les pratiques de sélection des invités et la représentation des opinions.
Sur le plan formel, une appréciation juridique de la conformité d’une chaîne au principe de pluralisme interne relève des autorités compétentes. Les interventions publiques d’animateurs, d’anciens ministres et d’élus contribuent à modeler l’opinion mais ne remplacent pas un examen légal.
À l’issue de ces échanges, la polémique autour de CNews reste alimentée par des positions tranchées. Patrick Cohen a posé une accusation forte en termes juridiques ; Marlène Schiappa y répond en ramenant le débat au terrain éditorial et à l’équité entre émissions. Le face‑à‑face verbal témoigne surtout d’une montée des tensions entre acteurs médiatiques et politiques sur la question du pluralisme.


