Née le 8 avril 1967, Kate Barry était une photographe britannique respectée sur la scène artistique parisienne. Disparue le 11 décembre 2013 à l’âge de 46 ans, sa mort a laissé derrière elle un mélange de tristesse et de questions qui persistent aujourd’hui. Figure discrète, reconnue pour la finesse de ses portraits, elle venait tout juste de s’installer dans un nouvel appartement du 16e arrondissement de Paris avant le drame.
Un déménagement qui intrigue
Début décembre 2013, Kate Barry quitte son quartier de République, plus vivant et, selon ses proches, davantage en adéquation avec son tempérament, pour s’installer dans le très résidentiel 16e arrondissement. Le déménagement, effectué le 7 décembre, surprend son entourage. « Qu’est-ce que tu vas foutre dans le 16e ? T’es mieux ici », lui lance une voisine devenue amie, interloquée par ce changement soudain.
En quelques jours seulement, les cartons s’accumulent et les meubles disparaissent. Installée au 5 rue Claude-Chahu, elle n’aura vécu que cinq jours dans ce nouvel appartement. Selon plusieurs témoignages recueillis à l’époque, l’artiste paraissait fragile et inquiète, perturbée par ce bouleversement. Une libraire confie : « Elle avait du mal à supporter cette idée de déménager. Ça semblait pour elle un grand facteur d’instabilité. »
Kate Barry emménage avec ses animaux — un chien, des chats et un perroquet — tentant d’y recréer un quotidien. Ce déménagement, aujourd’hui évoqué comme un moment charnière, est devenu un élément central des récits autour de ses derniers jours.
Des derniers jours scrutés
Le lundi 9 décembre, Kate assiste encore au concert de sa mère, Jane Birkin, au Théâtre du Châtelet. Cette présence publique témoigne d’un lien familial fort, malgré une vie marquée par des périodes difficiles. Fille du compositeur John Barry et élevée dans un environnement artistique dense, dont l’influence de Serge Gainsbourg fait partie du paysage familial, elle a grandi auprès de personnalités du monde culturel.
Sa sensibilité transparaissait dans son travail : ses portraits étaient salués pour leur capacité à révéler l’intime. « Elle était la générosité même », confie une proche, décrivant la photographe comme quelqu’un d’ouvert et attentif aux autres.
Pourtant, le 11 décembre 2013, en fin d’après-midi, un bruit sourd retentit dans la cour intérieure de l’immeuble. Kate Barry chute du quatrième étage. Malgré l’intervention rapide des secours, elle est déclarée morte sur place. La découverte, brutale, conduit rapidement à des interrogations et à des hypothèses contradictoires.
Accident ou suicide : des zones d’ombre qui subsistent
Très vite, les spéculations se multiplient. La présence de médicaments dans l’appartement oriente un temps les enquêteurs vers la piste du suicide, tandis que des proches expriment leur refus de retenir cette hypothèse sans réserves. Dans le contexte judiciaire, une source déclare : « La défenestration, c’est ce qu’il y a de pire pour la famille parce qu’on ne saura jamais vraiment. » Cette incertitude a prolongé le deuil et entretenu des questions sans réponse.
Les circonstances exactes de la chute n’ont jamais abouti à une conclusion qui fasse consensus public. Les éléments matériels rapportés à l’époque — l’appartement fraîchement occupé, les cartons, la présence de médication — sont restés des pièces du puzzle difficile à reconstituer entièrement pour les proches et pour l’opinion.
Un hommage et une mémoire intacte
Les obsèques de Kate Barry ont été célébrées à l’église Saint-Roch et ont rassemblé de nombreuses personnalités du monde artistique, parmi lesquelles Charlotte Gainsbourg et Catherine Deneuve. Elle repose au cimetière du Montparnasse, à Paris. Au-delà du tragique de sa disparition, demeure l’image d’une artiste singulière, profondément humaine, dont le regard sur les autres a marqué ceux qui ont croisé son objectif.
Plus d’une décennie après sa mort, le mystère autour de ses derniers instants perdure. Les témoignages recueillis à l’époque et les motifs invoqués par l’enquête continuent d’alimenter la réflexion sur une fin brutale et sur la fragilité qui pouvait traverser la vie de Kate Barry.
Reste la trace d’une œuvre, des portraits qui témoignent d’une sensibilité particulière, et une absence toujours ressentie par sa famille, ses amis et ceux qui appréciaient son regard artistique.


