Patrick Cohen dénonce le lynchage numérique, accuse la Chine d’avoir verrouillé Wuhan et critique les dérives médiatiques sur l’origine du Covid-19

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Invité des Grandes Gueules sur RMC ce lundi 6 avril 2026, Patrick Cohen est revenu sur une polémique qui l’a suivi depuis les premières semaines de la pandémie de Covid-19. Journaliste et éditorialiste, connu pour ses chroniques sur France Inter et sa participation à C à Vous, il a assumé ses interrogations d’alors et détaillé le prix payé pour les avoir exprimées.

Retour sur la chronique qui a fait débat

À l’antenne, face à Barbara Lefebvre, Patrick Cohen a rappelé qu’il avait, dès le début de la crise sanitaire, évoqué la possibilité d’une « erreur de laboratoire ». Il a raconté avoir laissé « la porte d’une manipulation de laboratoire, d’une erreur de laboratoire qui a mal tourné » ouverte dans une chronique diffusée sur C à Vous. Cette prudence conditionnelle, dit-il, lui a valu une vague d’attaques sur les réseaux sociaux.

« C’est l’une des chroniques qui m’a valu le plus de courriers, de protestations, de dénigrements sur les réseaux, » a confié le journaliste. « C’était affreux. » Il ajoute que, dès le début, ceux qui soulevaient des soupçons à l’égard de la Chine ou du laboratoire de Wuhan ont souvent été traités de complotistes : « La genèse de l’histoire, c’est que dès le départ, il y a eu ce soupçon à l’égard des Chinois et les gens qui émettaient ce soupçon ont été traités de complotistes. »

Interrogé sur les raisons pour lesquelles le mystère autour de l’origine du SARS‑CoV‑2 perdure, Cohen a répondu sans détour : « Tout simplement parce que les Chinois ont tout verrouillé, parce qu’on n’a pas accès aux sources. » Cette affirmation résume, selon lui, la frustration d’une partie de la communauté scientifique qui pointe l’absence d’accès aux données primaires issues de Wuhan.

La séquence a été relayée sur les réseaux, notamment via un extrait posté sur Twitter : « 🎙️ Patrick Cohen sur le Covid : « Les Chinois ont tout verrouillé. J’ai fait beaucoup de chroniques sur l’origine du virus en laissant les portes ouvertes à une erreur de laboratoire. J’ai été dénigré. Les gens qui émettaient ce soupçon ont été traités de complotistes. » #GGRMC » (source du tweet : https://pic.twitter.com/xvdR4CLoKk).

Un livre pour dénoncer les dérives médiatiques

Cette intervention intervient au moment de la sortie de son ouvrage Les Mystificateurs (Flammarion), paru le 1er avril 2026. Dans ce livre, Patrick Cohen s’intéresse aux figures scientifiques qui diffusent des thèses hétérodoxes en dehors de leur domaine, et aux mécanismes médiatiques qui amplifient ces voix.

Il cite, parmi d’autres exemples célèbres, Didier Raoult et la controverse autour de l’hydroxychloroquine, ainsi qu’Andrew Wakefield et son étude discréditée sur un lien entre vaccin ROR et autisme. Selon Cohen, ces personnalités sont parfois « réputées dans leur domaine » mais « sortent de leur domaine de compétence et avancent une théorie seul contre tous ». Le journaliste met aussi en cause les médias : préférant le spectacle au consensus scientifique, ils amplifient des discours discordants parce que « ça fait du spectacle », et parce que c’est « beaucoup plus amusant et beaucoup moins ennuyeux que le consensus scientifique ».

Cette autocritique est d’autant plus notable que Cohen lui‑même a subi ce qu’il qualifie de « lynchage numérique » pour s’être simplement permis de poser une question alors jugée légitime par une partie des chercheurs.

Contexte et enseignements

Le débat sur l’origine du SARS‑CoV‑2 reste sensible et politiquement chargé. Certaines équipes scientifiques réclament l’accès à des données primaires et à des investigations complémentaires, tandis que d’autres estiment que les éléments scientifiques disponibles plaident en faveur d’une origine zoonotique. Patrick Cohen rappelle, sans trancher définitivement, que le verrouillage des accès à certaines sources a nourri l’incertitude et les tensions.

En donnant la parole à ces questions dans Les Mystificateurs et sur les plateaux, l’éditorialiste souligne à la fois la difficulté de traiter des sujets scientifiques en direct et la nécessité, selon lui, d’exercer un journalisme critique mais responsable. Il met en garde contre l’aveuglement médiatique, tout en reconnaissant la part de responsabilité des journalistes quand ils relaient des théories hétérodoxes sans les remettre en perspective.

Quoi qu’il en soit, la prise de position de Patrick Cohen rappelle que certaines questions soulevées en période de crise peuvent continuer d’alimenter les débats plusieurs années après les faits, surtout lorsque l’accès aux données et aux enquêtes reste partiel.

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