Il est l’un des visages les plus reconnaissables de la télévision française, et pourtant Jamy Gourmaud avoue n’avoir jamais vraiment cherché la lumière. Invité du Buzz TV du Figaro le lundi 23 mars 2026, l’animateur de Le Monde de Jamy s’est livré sur sa relation à la notoriété, une place publique qu’il dit n’avoir jamais eu le temps — ni l’envie — de préparer.
Une notoriété tombée presque par hasard
Pour des générations de téléspectateurs, Jamy est associé au camion-laboratoire et à C’est pas sorcier, l’émission éducative diffusée pendant plus de vingt ans sur France 3. Ce succès prolongé lui a conféré une visibilité durable, mais l’intéressé rappelle que cette exposition ne faisait pas partie d’un plan initial. Interrogé par le journaliste Damien Canivez, il a reconnu sans détour : « J’étais absolument pas préparé. Je pense que je n’y suis toujours pas préparé. »
Plutôt que de dramatiser, Jamy met en avant la nature de son métier comme bouclier contre les aspects les plus pesants de la célébrité. « J’ai le sentiment d’avoir un contact avec le public qui est très bienveillant. Moi, je ne fais pas d’émission polémique, j’apporte du contenu », explique-t-il. Cette ligne éditoriale, axée sur la vulgarisation scientifique, lui a permis de conserver une image rassurante auprès du grand public et d’éviter les attaques souvent dirigées vers les personnalités plus exposées politiquement ou médiatiquement.
Pesanteur et pédagogie : le paradoxe Jamy
Malgré cette bienveillance générale, Jamy concède que la notoriété peut être lourde à porter. « De temps en temps, c’est un petit peu pesant », admet-il, avant de nuancer aussitôt : « Mais franchement, y a bien pire. » Face à une remarque ironique du journaliste — « Vous n’êtes pas au fond de la mine, c’est ça ? » — il a simplement répondu : « Voilà. » Ces échanges brefs trahissent un homme pragmatique, conscient des avantages et des inconvénients de sa visibilité.
La posture de Jamy reste constante : privilégier le savoir au personnage. En se positionnant comme passeur de connaissances plutôt que comme vedette, il a su bâtir une relation de confiance avec son public, qui se traduit par une reconnaissance quotidienne mais globalement bienveillante.
Sucre, explications et pédagogie sans morale
Quelques heures après son intervention au Buzz TV, Jamy réapparaissait sur France 5 dans un documentaire spécial diffusé dans le cadre du Monde de Jamy, intitulé Sucre, comment réduire la dose ?. Fidèle à son style, il y propose d’expliquer plutôt que de culpabiliser : « L’objectif n’est pas de faire une croix sur le sucre. C’est de continuer à en consommer mais de façon raisonnable », a-t-il déclaré à TV Mag.
Dans ce programme, il rappelle des données chiffrées pour replacer la question dans son contexte historique et scientifique : la consommation de sucre a augmenté avec l’industrialisation, passant selon ses propos de l’équivalent de deux morceaux par jour il y a deux siècles à vingt en moyenne aujourd’hui. Il ajoute également que « notre cerveau consomme quatre grammes de sucre par heure ». Ces chiffres servent son objectif pédagogique : informer sans alarmer.
Ce souci d’équilibre — rendre la science accessible tout en évitant le ton moralisateur — est la marque de fabrique de Jamy depuis trois décennies. Il fonctionne comme une ligne directrice qui explique à la fois son succès et la nature singulière de sa notoriété.
En définitive, la célébrité de Jamy Gourmaud apparaît comme un compromis entre exposition publique et discrétion personnelle. Elle l’oblige parfois à composer avec l’intrusion et la répétition des rencontres dans la rue, mais elle lui offre surtout une plateforme pour diffuser un message qu’il privilégie : expliquer, éclairer, et rester utile sans se mettre en avant.
Mention notable : l’extrait de son intervention a été relayé par Le Buzz TV (tweet cité : pic.twitter.com/F52zerK8bx), et ses propos sur le documentaire sont rapportés par TV Mag.


