C’est une nouvelle qui a attristé le monde du spectacle ce vendredi 20 mars : Isabelle Mergault est décédée à Neuilly-sur-Seine à l’âge de 67 ans, des suites d’un cancer contre lequel elle se battait depuis plusieurs mois, selon un communiqué de ses proches relayé par RTL et notamment par Laurent Ruquier, son ami et « patron » dans Les Grosses Têtes.
Une carrière aux multiples visages
Actrice, réalisatrice, humoriste et auteure de pièces de théâtre et de films, Isabelle Mergault appartenait à cette catégorie d’artistes difficiles à classer. Le grand public la connaissait notamment pour sa présence aux Grosses Têtes sur RTL, où elle officiait comme sociétaire et où elle a tissé des liens forts avec ses collègues.
Sa polyvalence — entre scènes, écriture et réalisation — faisait d’elle une personnalité dont l’image publique ne reflétait pas toujours la complexité intime. C’est ce qu’a rappelé Roselyne Bachelot, ancienne ministre et aussi sociétaire de l’émission, dans un témoignage recueilli par Gala après l’annonce du décès.
Le témoignage de Roselyne Bachelot
Roselyne Bachelot, qui partageait une amitié sincère avec Isabelle Mergault au sein des Grosses Têtes, n’a pas caché son émotion. Selon elle, « Nous savions qu’Isabelle était très malade et que l’issue fatale se rapprochait ». Ce constat, partagé par l’équipe, n’en a pas été moins douloureux à assumer.
La comédienne affrontait la maladie depuis plusieurs mois, note le communiqué familial cité par la presse. Elle laisse derrière elle sa fille adoptive, Maya, à qui elle était très attachée. Roselyne Bachelot a évoqué le lien fort qui s’était noué entre les deux femmes, notamment lors d’un épisode survenu pendant la crise du Covid : « Je l’ai aidée au moment du Covid à faire venir la sœur de Maya, que la comédienne considérait comme sa seconde fille. On a vraiment fraternisé à ce moment-là ».
La solidarité entre elles allait ainsi bien au-delà des plateaux de radio. « Toute l’équipe des Grosses Têtes est dévastée de chagrin », a ajouté l’ancienne ministre, témoignant de l’ampleur du retentissement de cette perte au sein de la bande animée par Laurent Ruquier.
Une image publique contrastée avec une vie intérieure dense
Roselyne Bachelot a voulu rendre hommage à une personnalité qu’elle jugeait plus profonde que l’image du comique que beaucoup avaient d’Isabelle Mergault. « Elle avait l’image d’une comique, avec ce phrasé particulier, mais en fait c’était quelqu’un de très profond et intelligent », a-t-elle souligné. Selon elle, il était impossible de « mettre dans une case » une femme qui combinait autant de talents et de rôles artistiques.
Le témoignage de Bachelot ne se limite pas à des éloges : il évoque aussi une part intime et douloureuse de la vie d’Isabelle Mergault. « Avec une certaine anxiété aussi : elle avait évoqué sa tentative de suicide », a-t-elle rappelé sobrement. Ce rappel intime souligne la complexité humaine derrière la figure publique et invite à mesurer la souffrance parfois cachée des artistes.
Malgré ces zones d’ombre, ceux qui la connaissaient confient qu’elle gardait un esprit vif, aussi tranchant hors antenne que devant les micros. « Quand elle vous envoyait une vanne, c’était quelque chose ! », s’est souvenue son amie avec tendresse, appréciant cette vivacité d’esprit qui faisait souvent mouche.
Pour Roselyne Bachelot, la place qu’Isabelle tenait au sein du groupe était singulière. Elle l’a résumé par une image métaphorique : « La bande de Laurent est comme les bons cocktails, un mélange salé, sucré, amer. Isabelle réunissait les trois ingrédients et c’est sans doute pour cela qu’il l’adorait. »
À la fois populaire et complexe, drôle et douloureuse, la disparition d’Isabelle Mergault rappelle la fragilité des vies publiques et l’attachement du public à des personnalités qui ont marqué la culture par leur singularité.


