Près de deux mois après l’annonce de sa démission, Sonia Mabrouk est sortie du silence. Dans une longue interview accordée à Paris Match publiée le vendredi 20 mars 2026, la journaliste revient sur les raisons qui l’ont poussée à quitter CNews, un départ officiellement annoncé le 6 février dans un communiqué transmis à l’AFP.
Un départ mûrement réfléchi
Le communiqué publié début février expliquait que Sonia Mabrouk ne souhaitait plus travailler « au sein d’une rédaction qui avait choisi de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne, malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs ». À l’époque, cette prise de position rare dans le paysage audiovisuel français avait suscité applaudissements et incompréhensions. Dans Paris Match, la journaliste confirme aujourd’hui que sa décision n’était pas une réaction d’un instant.
« Je sors, à mon petit niveau, d’une période mouvementée. J’ai mes origines, mon histoire, mes convictions. Elles ne collaient plus avec le groupe dans lequel je travaillais », déclare-t-elle, selon l’entretien. Elle affirme par ailleurs que « l’affaire Morandini et mes relations très altérées avec la direction ont été un accélérateur de mon départ ». Les mots dessinent le portrait d’une rupture préparée sur la durée plutôt que d’un départ impulsif.
Des valeurs en décalage avec la direction
Dans son propos, Sonia Mabrouk place le désaccord sur un plan plus vaste que l’incident précis lié à Jean-Marc Morandini. Elle évoque un « désaccord plus profond » entre ses convictions personnelles et la ligne éditoriale du groupe, qui s’était installé « depuis un moment ». Sans chercher la confrontation frontale, elle souligne que la divergence de valeurs a fini par rendre la collaboration impossible.
Cette lecture explique pourquoi elle n’avait pas souhaité, au moment de son départ, détailler publiquement les motifs de sa décision. Le communiqué initial avait été laissé pour parler à sa place. Aujourd’hui, avec le recul, elle livre une version plus complète et contextualisée des raisons de sa démission.
Un soutien et un apaisement
Depuis son départ, Sonia Mabrouk assure se sentir mieux. Elle cite l’influence de personnalités du journalisme, et en particulier Jean‑Pierre Elkabbach, qui, dit-elle, l’a aidée « à croire dans le temps long ». « C’est le meilleur des pansements », confie-t-elle dans l’entretien, formule qui traduit à la fois gratitude et volonté de regarder vers l’avenir.
La journaliste note aussi que « certaines personnes qui n’avaient pas compris sa décision hier l’ont mieux comprise aujourd’hui ». Cette remarque laisse entendre une réévaluation tardive de son geste par des collègues ou des observateurs qui, au moment du départ, étaient restés silencieux ou sceptiques.
Des réactions tardives sur CNews
Le départ de Sonia Mabrouk n’est pas resté sans écho au sein de la chaîne. Le 18 mars, le chroniqueur Georges Fenech a salué à l’antenne l’une des « quatre reines » de CNews, glissant qu’« il en manque une, qui est partie malheureusement ». Pascal Praud a ensuite pris la parole : « Elle est partie. C’est son choix et évidemment que nous le regrettons. Elle était remarquable ! » Ces déclarations, tardives selon la journaliste, confirment néanmoins que son départ a laissé un vide au sein de la rédaction.
Malgré ces marques de reconnaissance, Sonia Mabrouk ne semble pas revenir sur sa décision. Tout au long de l’interview, elle donne l’impression d’avoir pesé les conséquences avant d’annoncer son départ et d’assumer désormais ses choix.
Ce que dit l’entretien
L’entretien publié par Paris Match le 20 mars 2026 offre à Sonia Mabrouk l’occasion d’expliquer sa démarche et de remettre en perspective les différentes étapes qui ont conduit à sa démission. Elle y insiste sur la concordance entre convictions personnelles et ligne éditoriale, fondement de son engagement professionnel, et sur la difficulté de continuer à travailler lorsque cette concordance disparaît.
Sans tourner la page dans l’affect, elle insiste sur la nécessité de préserver une cohérence entre ses valeurs et ses collaborations. À ce stade, Sonia Mabrouk semble privilégier le temps long évoqué plus tôt que la reprise d’une querelle médiatique immédiate.


