Mercredi 18 mars 2026, la chanteuse Mathilde a rompu le silence sur Instagram. Connue du grand public pour sa participation à The Voice 4 en 2015 et pour sa prestation remarquée à la 35e Nuit des Molières, elle demande désormais le retrait de son premier album Je les aime tous, paru en 2016 chez Naïve (aujourd’hui rattaché à Believe Music France).
Dans une lettre ouverte adressée à Romain Vivien, dirigeant de Believe Music France, Mathilde explique pourquoi elle ne veut plus voir son nom associé à l’album. Elle rappelle qu’à l’époque le pianiste Jacky Terrasson lui avait été imposé comme réalisateur discographique par leur manager commun, Christophe Deghelt, et affirme aujourd’hui que cet artiste est visé par des accusations graves.
Des accusations dénoncées par l’artiste
Mathilde affirme que Jacky Terrasson est accusé d’un viol sur une fillette de 6 ans, commis en 2015, et qu’elle croit la parole de la victime, désormais âgée de 16 ans, d’après ses dires. Elle ajoute, dans sa prise de parole, qu’elle-même aurait été victime de plusieurs agressions sexuelles de la part de ce même homme.
La chanteuse écrit sans détour en légende de sa publication : « Je ne peux, en toute conscience, voir mon nom rester associé à un pédocriminel. » Ce message s’inscrit, selon elle, dans une démarche de responsabilité personnelle et artistique face à des faits qu’elle décrit comme insoutenables.
Un soutien immédiat et sans réserve
La réaction du milieu artistique ne s’est pas faite attendre. Parmi les soutiens publics, celui de Marianne James a particulièrement marqué les esprits. La personnalité médiatique a commenté la publication de Mathilde en ces termes : « Ça n’en finira jamais !!! La pourriture remonte toujours à la surface ! Mathilde de tout cœur avec toi ! Ta dure décision t’honore. »
Ce soutien, qualifié de « fracassant » par plusieurs observateurs, donne de la résonance à la démarche de Mathilde et inscrit l’affaire dans le sillage des révélations sur les violences sexuelles dans les milieux culturels, années après années et malgré les mouvements de libération de la parole comme #MeToo.
Mathilde, décrite par nos confrères de Radio France comme une artiste engagée et féministe, est également connue pour avoir fait face à des attaques en ligne, à la grossophobie et à d’autres formes de harcèlement. Elle apparaît aujourd’hui déterminée à ne pas laisser perdurer une association artistique qu’elle juge insupportable.
La demande adressée au label
Dans sa lettre ouverte, Mathilde interpelle spécifiquement Romain Vivien, responsable chez Believe Music France, afin d’obtenir le retrait définitif de Je les aime tous du catalogue. Le disque, sorti en 2016 sur Naïve Records, est aujourd’hui publié sous l’égide du groupe Believe.
Elle y expose le contexte de la production de l’album et rappelle que le choix du réalisateur lui avait été imposé, laisse entendre qu’elle n’avait pas consenti à cette collaboration, et demande désormais que son nom soit dissocié d’une personne mise en cause pour des faits qu’elle décrit comme graves.
Mathilde n’apporte pas dans sa publication d’éléments judiciaires consultables par le public dans le message partagé sur Instagram ; elle se fonde sur son expérience personnelle et sur les accusations qui pèsent, selon elle, sur Jacky Terrasson. Le cas a suscité un intérêt médiatique immédiat et des relais, dont la couverture de Radio France.
Du côté des réactions, la tonalité générale est de soutien à la parole de la plaignante et de demande de prise en compte de ses demandes par le label. Marianne James, par son intervention, a contribué à amplifier la visibilité de cette démarche.
Cette affaire relance les questions sur la responsabilité des maisons de disques face aux allégations visant des collaborateurs artistiques et sur les modalités de retrait d’œuvres lorsque des artistes souhaitent rompre toute association avec des personnes mises en cause.
Pour l’heure, les éléments apportés dans la publication de Mathilde constituent une prise de parole publique et une demande adressée au label. Les suites, qu’elles soient judiciaires ou administratives, n’ont pas été précisées dans le message rendu public par l’artiste.


