La campagne pour les municipales à Nice prend des allures de feuilleton. Après la polémique déclenchée par la chroniqueuse Nathalie Saint‑Cricq, surprise à micro ouvert en train de surnommer Éric Ciotti « Benito », dimanche 15 mars 2026, l’affaire a rebondi avec un geste publié par Laura Tenoudji, chroniqueuse de Télématin et épouse du maire sortant Christian Estrosi.
Une caricature de Plantu partagée sur Instagram
Laura Tenoudji a relayé sur son compte Instagram une caricature signée Plantu qui met en scène Éric Ciotti plantant un couteau dans le dos de Christian Estrosi. Le dessin montre une électrice remerciant chaleureusement le maire sortant pour son bilan et, dans son dos, la silhouette de Ciotti, un brassard rouge à l’effigie évoquant l’imagerie fasciste.
La représentation est explicite : le geste de trahison visuel et le brassard renvoient directement au surnom « Benito » qui avait enflammé la controverse quelques jours plus tôt. En publiant cette illustration, Laura Tenoudji ne se limite pas à un commentaire privé ; elle engage publiquement son soutien en faveur de son mari à la veille du second tour.
Retour sur la gaffe de Nathalie Saint‑Cricq et ses conséquences
L’incident qui a déclenché la série de réactions remonte à une émission spéciale consacrée aux résultats du premier tour. Lors de la soirée, Nathalie Saint‑Cricq, éditorialiste de France Télévisions, a cru s’exprimer hors antenne en qualifiant Éric Ciotti de « Benito » — en référence à Benito Mussolini — alors que son micro était en réalité ouvert. La phrase a été entendue en direct et la polémique n’a pas tardé.
Interrogée par TV Mag le lendemain, la journaliste a reconnu sa maladresse : « J’aurais mieux fait de me taire. J’ai fait une connerie, j’ai trop parlé », a‑t‑elle déclaré, précisant que ce type de commentaires lui arrivait « tout le temps » lors des soirées électorales et qu’il était « miraculeux » de ne pas avoir été piégée plus tôt. Elle a aussi laissé entendre que le surnom circulait déjà à l’Assemblée nationale.
France Télévisions a réagi en suspendant Nathalie Saint‑Cricq pendant une semaine, la privant d’antenne pour le second tour du 22 mars. « Je m’y attendais », a‑t‑elle commenté sobrement. Christian Estrosi, de son côté, a qualifié la sanction d’« honteuse », estimant que la journaliste « avait parlé vrai ».
Un geste politique ou une réaction émotionnelle ?
Le partage de la caricature par l’épouse du maire s’inscrit dans ce contexte tendu. Pour certains, il s’agit d’un soutien familial et politique assumé à quelques jours du second tour ; pour d’autres, c’est la transformation d’une gaffe de plateau en outil de campagne, nourrissant encore la personnalisation du conflit entre Estrosi et Ciotti.
La rivalité entre Christian Estrosi, maire sortant, et Éric Ciotti, candidat dissident de la droite, dépasse le cadre d’un duel local. Elle s’invite sur les plateaux télévisés, sur les réseaux sociaux et dans les prises de parole publiques, où symboles et caricatures prennent une place importante dans la narration politique. La diffusion d’une œuvre satirique signée Plantu contribue à amplifier ce terrain de confrontation symbolique.
Sur le plan médiatique, l’affaire illustre la porosité entre réactions privées et communication publique à l’ère des réseaux. Une remarque supposée hors antenne, une suspension et le partage d’une illustration satirique suffisent à alimenter la discussion publique et à cristalliser les prises de position dans la dernière ligne droite d’une campagne municipale tendue.
Reste que la portée réelle de ces incidents sur l’électorat niçois ne peut être mesurée à partir des seules images et déclarations. La décision de Laura Tenoudji de publier la caricature marque cependant un engagement visible, et transforme un épisode médiatique en élément à part entière du récit de cette campagne.


