Audition sur le financement de l’audiovisuel public : Alexia Laroche-Joubert refuse de transmettre les fiches de paie de Nagui, conflit avec le député Charles Alloncle

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Mercredi 25 février 2026, une audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a tourné à la confrontation. Alexia Laroche-Joubert, directrice de Banijay France, a répondu fermement aux questions du député Charles Alloncle sur la rémunération de l’animateur Nagui, pointé ces dernières semaines dans les débats sur le financement du service public.

Une question qui fait monter la tension

Depuis l’ouverture de la commission consacrée à la neutralité et au financement de l’audiovisuel public, le nom de Nagui revient régulièrement dans les échanges. Députés et observateurs s’interrogent sur l’utilisation des sommes transitant, directement ou indirectement, via les chaînes publiques. Pour certains élus, l’animateur — connu pour Taratata et N’oubliez pas les paroles — figure parmi les plus rémunérés et bénéficierait, selon eux, d’un financement indirect du service public.

Interrogé par la commission, Stéphane Courbit, président du groupe Banijay, a tenté de rappeler la logique du marché : « [Animateur télé est] un métier où les talents sont assez rares, c’est pour ça qu’ils sont si bien payés par rapport aux métiers de 99% des Français. C’est un peu comme les footballeurs, c’est des gens très bien payés parce qu’ils ont un talent assez unique. »

La réponse n’a pas convaincu tous les membres de la commission. Charles Alloncle a relancé en demandant que soient communiquées les fiches de paie de Nagui, afin de vérifier l’usage des fonds publics. C’est à ce moment qu’Alexia Laroche-Joubert est intervenue, marquant son visible agacement.

« Si je le paie trop ou pas assez, d’une certaine façon, ça me regarde »

La patronne de Banijay a opposé au député l’argument du secret des affaires et la liberté de gestion d’une entreprise privée. « Si je le paie trop ou pas assez, d’une certaine façon, ça me regarde. C’est normal qu’il ne transmette pas ses fiches de salaire qui concernent le contrat qu’il a avec nous », a-t-elle déclaré, précisant que, pour ses émissions, l’animateur était payé par Banijay et non par France Télévisions.

Par cette précision, Alexia Laroche-Joubert a voulu rappeler une frontière juridique et contractuelle : le Parlement peut légiférer et contrôler l’usage des deniers publics, mais ce n’est pas nécessairement à lui d’examiner les rémunérations internes d’un producteur privé, protégées par le secret des affaires et la confidentialité contractuelle.

La dirigeante a aussi défendu la liberté de gestion de son groupe, estimant que la commission sortait de son champ en demandant des détails sur une rémunération interne. La confrontation a pris un tour presque personnel, illustrant la difficulté pour les élus de concilier transparence et respect des cadres privés.

Un bras de fer déjà engagé entre Nagui et le politique

Cette passe d’armes entre Banijay et le député ne surgit pas sans antécédent. Depuis plusieurs semaines, Charles Alloncle critique ouvertement Nagui, affirmant que l’animateur serait « la personnalité qui s’est le plus enrichie grâce à l’argent public » ces dernières années. Des formules qui ont provoqué une réplique cinglante de l’intéressé.

Nagui, qui dirige Air Productions, a dénoncé des accusations qu’il juge infondées et a laissé entendre qu’il envisagerait une action judiciaire. Dans un message publié sur Instagram, il avait lancé au député : « J’occupe une place toute particulière dans votre cœur  », mêlant ironie et mise à distance.

Face aux attaques, Nagui a aussi mis en avant des éléments chiffrés pour défendre son modèle économique : Air Productions gère 10 000 bulletins de salaire par an et emploie près de 200 personnes par journée de tournage — musiciens, monteurs et techniciens compris. Selon lui, ses jeux coûtent huit fois moins cher qu’une fiction tout en générant d’importantes recettes pour France Télévisions.

Le député, de son côté, assume ses positions et répète que la transparence est nécessaire lorsque des émissions bénéficient du financement public. Pour Charles Alloncle, il est légitime que la commission obtienne des explications sur les flux susceptibles d’impliquer indirectement de l’argent public.

Au terme de l’audition, le bras de fer reste ouvert : d’un côté, des élus réclamant davantage de clarté sur l’utilisation des fonds publics ; de l’autre, un animateur et sa production — ainsi que la direction d’un groupe privé — défendant leurs contrats, leur autonomie de gestion et la protection des données salariales par le secret des affaires.

La polémique illustre la tension actuelle entre exigences de transparence démocratique et respect des cadres contractuels et commerciaux. Elle montre aussi combien les débats sur le financement de l’audiovisuel public peuvent rapidement dépasser le terrain institutionnel pour toucher des personnalités très exposées médiatiquement.

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