Ce dimanche 22 février, Michel Cymes est revenu sur une polémique qui a marqué le début de la crise sanitaire du Covid-19. Invité de l’émission « Puremédias l’hebdo » sur la chaîne T18, animée par Virginie Guilhaume, le médecin et animateur a voulu clarifier des propos qui, selon lui, lui ont été faux attribués et ont durablement entaché son image publique.
Les propos initiaux et la genèse de la polémique
Au printemps 2020, alors que la pandémie obligeait des millions de personnes au confinement, les débats se multipliaient sur les plateaux télé. Parmi les voix régulières, celle de Michel Cymes, connu du grand public pour ses émissions et sa formation médicale, s’est retrouvée au cœur d’une controverse. Sur le plateau de Quotidien (TMC), il avait cherché à nuancer la gravité du virus en déclarant : « Ça n’est pas une grippette, ce n’est pas un rhume. C’est une forme de grippe qui est un peu plus cognée que la grippe. Mais ça reste une maladie virale comme on en a tous les ans. »
Ces paroles, diffusées dans un contexte d’angoisse collective, ont rapidement été sorties de leur continuité. Plusieurs acteurs médiatiques et politiques ont relayé une version abrégée selon laquelle Michel Cymes aurait qualifié le Covid de « grippette ». Cette interprétation a circulé au point d’être, selon l’intéressé, présentée comme sa position officielle pendant plusieurs mois.
La mise au point sur Puremédias
Interrogé sur les conséquences de cette polémique, Michel Cymes, âgé de 68 ans, a d’abord rappelé le contexte et son intention initiale. Face à la question de Virginie Guilhaume — « Votre image publique en a pris un petit coup… Est-ce que vous le regrettez ? » — il a demandé publiquement de retrouver l’extrait où il aurait prononcé le mot « grippette » : « Trouvez et je reviendrai dans votre émission. Trouvez où et quand j’ai dit que le Covid était une ‘grippette’. Trouvez-le ! Vous ne le trouverez pas. Je ne l’ai jamais dit. C’est une fake news », a-t-il lancé.
Le médecin a expliqué que cette étiquette lui avait été collée après un échange dans une autre émission, sur France 2, animée par Thomas Sotto et Léa Salamé. Il a cité une réaction de la secrétaire d’État Nadine Morano, qui aurait tweeté en réponse à ses remarques en utilisant le mot-clé « Cymes #Grippette ». D’après lui, ce tweet aurait servi de point de départ à la reprise journalistique et au montage de la polémique.
Sur le ton de la confidence, Michel Cymes a dit avoir « trimballé » cette accusation comme on marche avec un chewing-gum collé à la chaussure, image utilisée pour décrire le poids médiatique et personnel de cette fausse attribution. Il a aussi indiqué que l’affaire l’avait conduit à se mettre « au vert » pendant plusieurs mois, évoquant une mise à l’écart partielle des plateaux.
Entre interprétation et responsabilité médiatique
La polémique autour du terme « grippette » illustre la rapidité avec laquelle une prise de parole peut être décontextualisée dans un environnement médiatique tendu. Michel Cymes rappelle que ses propos initiaux contenaient à la fois une alerte sur la gravité du Covid et une comparaison technique avec d’autres maladies virales saisonnières. Selon lui, la réduction de cette nuance à un mot péjoratif a eu des conséquences disproportionnées.
Le dossier soulève aussi la question du rôle des politiques et des médias dans la diffusion d’une information parfois tronquée. Dans le cas évoqué, un tweet polémique aurait suffi à cristalliser une narration qui s’est ensuite autoalimentée. Les extraits d’émissions et les archives vidéo constituent pourtant le moyen le plus sûr de vérifier la teneur exacte des déclarations.
Sans prétendre à une exhaustive analyse des réactions de l’époque, l’intervention du médecin-animateur ce 22 février vise à rétablir sa version des faits et à rappeler la complexité des échanges publics en période de crise sanitaire.
Michel Cymes demeure une figure familière du paysage audiovisuel français. En rappelant qu’il n’a « absolument jamais dit ‘grippette’ », il souhaite poser un point final à une controverse qui, selon lui, reposait sur une déformation. Reste que l’épisode laisse une trace dans la manière dont les personnalités publiques abordent désormais les sujets sensibles, dès lors que la rumeur ou le raccourci peuvent se propager très vite.


