Ce 25 février 2026, Herbert Léonard aurait eu 81 ans. Le chanteur, célèbre pour le tube « Pour le plaisir », est décédé le 2 mars 2025 à Fontainebleau. Au-delà de sa carrière musicale, il laisse le souvenir d’un choix de vie peu ordinaire : une maison nichée à Barbizon, ce petit village devenu emblématique grâce aux peintres du XIXᵉ siècle.
Un refuge à Barbizon, trente-cinq ans de quiétude
Installé depuis plus de trente-cinq ans à Barbizon, Herbert Léonard y avait trouvé un équilibre entre retrait et création. Situé aux portes de la forêt de Fontainebleau, le village est souvent surnommé le « village des peintres » : dès le XIXᵉ siècle, des artistes comme Jean‑François Millet, Théodore Rousseau ou Jean‑Baptiste Camille Corot s’y sont réunis, donnant naissance à ce que l’on appellera plus tard l’École de Barbizon.
La maison du chanteur, entourée d’un jardin arboré et dotée d’une véranda lumineuse, n’était pas seulement un lieu de résidence. Pour Herbert Léonard et sa famille — sa femme Cléo et leur fille Éléa — elle représentait un refuge. Loin de l’agitation des grandes villes et des tournées, il menait une vie plus retirée, faite de promenades en forêt et de moments en famille.
Une vie discrète, loin des projecteurs
Herbert Léonard avait cultivé la discrétion tout au long de sa vie publique. Connu pour ses ballades romantiques et sa voix profonde, il n’en restait pas moins un homme aux centres d’intérêt variés. Passionné d’aviation russe, il consacrait du temps à l’écriture pour des publications spécialisées, une facette moins médiatisée de son parcours.
Même pendant la pandémie de Covid‑19, il racontait avec humour et simplicité son quotidien à Barbizon. Il évoquait ses sorties quotidiennes avec son chien et la quiétude du village, soulignant une discipline et un sens de la mesure qui lui ressemblaient. Cette simplicité tranchait avec l’image parfois glamour associée au monde de la musique.
La disparition d’Herbert Léonard le 2 mars 2025 a marqué un tournant pour sa famille. Dans les mois qui ont suivi, sa veuve Cléo a confié avoir pris la décision difficile de vendre la maison qu’ils occupaient depuis des décennies. Restée seule dans cette grande demeure remplie de souvenirs, elle a expliqué qu’elle était devenue trop vaste pour elle.
Un lieu chargé d’histoire artistique
Barbizon garde la trace de générations d’artistes venus y chercher la lumière et la nature intacte. Le village et ses galeries d’art accueillent encore aujourd’hui des visiteurs fascinés par cette histoire culturelle. La présence de Herbert Léonard dans ce décor s’inscrit ainsi dans une continuité : il est devenu, à sa manière, l’un des nombreux créateurs attirés par la région.
Sa maison, témoin de tant d’années de vie commune, incarnait une part essentielle de son histoire personnelle. C’est là qu’il s’était retiré progressivement, loin des scènes et des tournées, tout en restant proche d’amis artistes et musiciens installés dans la région. Pour ceux qui l’ont côtoyé, ce choix de vie traduisait une volonté de préserver un cadre paisible propice à la réflexion et à la création.
Le départ de la maison de Barbizon, décidé par Cléo après le décès, symbolise aussi la fin d’une époque. Au-delà de la transaction immobilière, il s’agit de la mise en mouvement d’un héritage intime : meubles, souvenirs et objets qui racontent une vie partagée entre la scène et la retraite champêtre.
L’image d’un artiste attaché à l’authenticité
Herbert Léonard laisse l’image d’un artiste sensible à la beauté des lieux et à l’histoire culturelle qui les habite. Après avoir conquis le public avec ses chansons, il avait choisi de vivre au cœur d’un territoire où l’art et la nature dialoguent depuis près de deux siècles. Ce choix, discret mais significatif, ajoute une dimension à son parcours : celle d’un homme pour qui la création pouvait se prolonger loin des feux de la rampe.
Si la maison de Barbizon n’est plus occupée par la famille, le souvenir du chanteur demeure dans les rues du village et parmi les collectionneurs d’histoires locales. Entre patrimoine pictural et mémoire musicale, Herbert Léonard trouve ainsi une place singulière dans la géographie culturelle de Barbizon.


