Depuis le 28 décembre dernier, le monde entier pleure Brigitte Bardot. Star des années 1950-1970, devenue visage incontournable de la défense animale, elle aura connu mille vies et de nombreuses histoires d’amour, certaines médiatisées, d’autres restées confidentielles. Parmi ces liaisons discrètes, Philippe Gassot, grand reporter et ancien présentateur des journaux télévisés de France 2, révèle pour la première fois une relation qu’il a entretenue avec l’icône.
Une rencontre en 1974, à l’heure de la comédie politique
C’est en 1974, année de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, que leurs chemins se croisent. Brigitte Bardot, alors fraîchement retirée du cinéma et engagée pour la création de sa fondation, soutient publiquement la candidature de Giscard. Selon Philippe Gassot, qui confie son récit au Parisien, le futur président, touché par ce soutien, lui aurait fait de nombreuses avances.
À cette époque, Philippe Gassot n’a que 32 ans ; Brigitte Bardot vient de fêter ses 40 ans. Leur première rencontre se déroule à l’issue d’un échange public, puis ils se séparent. Quelques heures plus tard, Bardot obtient les coordonnées de Gassot par l’intermédiaire d’un ami commun, Christian Brincourt, journaliste du service public et, précise Gassot, son meilleur ami. Christian Brincourt est décédé « il y a quelques mois », mentionne l’article repris par Gassot.
Peu après, une relation intime commence entre les deux. « Avec Bardot, tu n’es rien. Elle te choisit ou ne te chois pas. Tout le monde vous le dira », confie Philippe Gassot, encore marqué par cette histoire qui dura quelques mois. Il rapporte qu’à l’époque, « c’est toujours elle qui m’appelait. Il n’y avait pas de portables, évidemment. À RTL, tout le monde savait qu’on vivait quelque chose. Elle m’appelait à la rédaction. Elle savait par cœur une centaine de numéros de téléphone, sa mémoire était impressionnante. »
La vie quotidienne loin des paillettes et l’accident
Gassot insiste sur la facette intime et quotidienne de Bardot qu’il a connue : « Une femme simple, pas maquillée, un foulard sur les cheveux, qui se promenait avec moi à travers Paris dans mon Austin pourrie. » Il raconte les sorties modestes avec celle qui fut l’idole d’une génération : « Je l’emmenais au restaurant, mais pas dans les trois-étoiles. Mon salaire ne me le permettait pas. Elle aimait bien les gargotes (…) et aimait les gens. Elle a admis de vivre avec un mec ordinaire comme moi. »
Le journaliste a conservé des traces tangibles de cette relation : lettres manuscrites écrites par Bardot et quelques photographies, présentées au Parisien. Ces documents maladroitement affectueux témoignent d’une liaison tenue à l’écart des feux des médias.
Au milieu des années 1970, alors qu’il est envoyé en reportage en Bretagne, Philippe Gassot est victime d’un grave accident de la route. Hospitalisé à Pont-l’Abbé, il se souvient de l’attention de Bardot : elle se rend à son chevet seule, sans garde du corps, et lui tient la main quand il se réveille. « Quand je me suis réveillé, j’étais très esquinté, avec les hanches en morceaux. Elle me tenait la main », raconte-t-il.
Pendant sa convalescence, Gassot lit de nombreuses lettres de Bardot, écrites parfois sur des ordonnances médicales et accompagnées d’une consigne : n’en lire qu’une seule par jour. Ces gestes montrent le mélange d’intimité et de discipline que Bardot instaurait dans cette relation clandestine.
Une rupture sans retour
La liaison s’achève de façon brutale, à l’image de la personnalité déterminée et entière de Bardot selon Gassot. Encore convalescent, le journaliste refuse de rejoindre l’actrice à Courchevel, où elle se trouve avec des amis. « Elle a insisté pour que je vienne en m’appelant cinq ou six fois. Elle m’a laissé une chance, au fond. J’ai dit non. Avec mes béquilles, je n’avais pas envie de faire le comique troupier sur la neige. J’ai appris un peu plus tard qu’elle avait rencontré quelqu’un là-bas. Ça a été une sacrée claque. Elle était entière dans ses désirs, et entière dans ses refus. »
Après cette séparation, il ne reste à Gassot que les souvenirs, les photos et les lettres. Les deux se recroiseront quelques fois sur des plateaux télévisés ; leurs échanges se limiteront à un signe ou un sourire, raconte-t-il.
Inhumée ce mercredi 7 janvier à Saint-Tropez (Var), Brigitte Bardot laisse derrière elle une vie publique foisonnante et des histoires privées, parfois révélées tardivement, qui éclairent des facettes moins connues de son parcours.


