Homme de l’ombre pendant des décennies, Bernard d’Ormale restera le quatrième et dernier époux de Brigitte Bardot. Mariés en 1992, les deux amoureux ont choisi une vie volontairement discrète, retirés à La Madrague, la villa de la star sur la côte. Le 28 décembre dernier, Brigitte Bardot est morte « dans les bras de celui qu’elle aimait tant », selon les éléments rapportés. Un mois plus tard, Bernard d’Ormale a accepté une interview intime au Parisien dans laquelle il revient, à la fois meurtri et protecteur, sur les derniers mois et sur les rumeurs entourant l’héritage de la comédienne mythique du cinéma français.
Le silence des obsèques et le regret d’un discours non tenu
Dans l’entretien, l’homme d’affaires, connu pour avoir été un proche de Jean‑Marie Le Pen, confie sa douleur et un regret précis : il n’a pas pu lire le texte qu’il avait préparé pour l’inhumation. « J’avais écrit quelque chose, mais j’ai été trop ému pour parler. J’ai été assommé, je n’ai pas pu », déclare‑t‑il au Parisien. Cette incapacité à formuler publiquement un dernier hommage traduit l’intensité du deuil et la fragilité de celui qui, après plus de trente ans de vie commune, se retrouve seul dans la villa.
La maison de La Madrague est aujourd’hui le lieu de sa douleur. « Le soir, parfois, je crois qu’elle est dans le lit, je me surprends à dire encore Attends, j’arrive. J’allume pour ne pas être dans le noir. Il y a un vide, une présence qui n’est pas là », confie Bernard d’Ormale. Il admet peiner à accepter la disparition et évoque une présence ressentie, presque tangible, qui persiste malgré l’absence physique.
Démentir les rumeurs sur la fortune de Brigitte Bardot
Outre la peine, l’ancien proche de la figure médiatique a dû affronter des rumeurs portant sur la fortune supposée de son épouse. Selon certaines publications, Brigitte Bardot aurait disposé d’un patrimoine évalué « à 70 millions » et se serait refusé à léguer quoi que ce soit à sa famille. Bernard d’Ormale balaie ces affirmations : « J’ai lu qu’elle serait riche de 70 millions et ne voudrait rien léguer à sa famille. C’est scandaleux. Brigitte n’a pas une fortune excessive, ce n’est pas vrai. »
Il explicite ensuite la réalité patrimoniale telle qu’il la voit : la chanteuse‑actrice a payé l’impôt sur la fortune en raison de ses biens immobiliers, notamment parce qu’elle détenait l’usufruit de La Madrague. La propriété dite « la Garrigue », achetée à un prix raisonnable il y a de nombreuses années, a certes pris de la valeur avec le temps, mais, selon lui, cela ne fait pas d’elle une figure mercantile. « Elle s’en foutait. Sa disparition, c’est un monde aussi qui disparaît, avec son savoir, sa beauté, ses erreurs. C’était beaucoup moins mercantile qu’aujourd’hui. On ne s’intéresse plus qu’au fric. Elle était le contraire de ça », affirme l’homme de 84 ans, soucieux de défendre l’image et l’héritage moral de sa compagne.
Les liens avec le fils de Brigitte Bardot : vérité sur une relation
Une autre rumeur tenace concernait les relations entre Brigitte Bardot et son fils, Nicolas Jacques, accusée parfois d’abandon. Bernard d’Ormale s’emploie à corriger cette vision des faits. « On a de bons rapports. Il n’y a jamais eu de mauvais rapports, même avec Brigitte. Quand je l’ai connue, elle avait son fils au téléphone tous les quinze jours. Il est venu à la Madrague encore il y a trois ans, avec enfants et petits‑enfants. On a dit que Brigitte avait abandonné son fils, ce n’est pas vrai », insiste‑t‑il.
Il admet cependant une distance affective liée au parcours professionnel de Nicolas : « Elle n’a pas assumé (Nicolas) avec le métier qu’il faisait », reconnaît‑il, tout en précisant que Brigitte a, par la suite, cherché à réparer. À titre d’exemple, elle lui a acheté un appartement à Oslo, où il mène sa vie professionnelle. Lors des obsèques, la présence de Nicolas Jacques a été relevée, et Bernard d’Ormale tient à souligner l’absence de brouille irréconciliable entre eux.
Dans cette interview empreinte d’émotion, l’époux endeuillé tient surtout à préserver la mémoire de la comédienne, loin des caricatures médiatiques. Il affirme vouloir rappeler une Brigitte Bardot moins obsédée par l’argent qu’on ne le dit, et plus attachée à une époque, une esthétique et des engagements qui ont façonné son image publique. Son deuil est aussi celui d’une époque révolue, conclut‑il, en tentant de faire vivre la vérité qu’il pense connaître sur la femme qu’il a aimée.


