À des milliers de kilomètres de la France, le nom de Xavier Dupont de Ligonnès est réapparu dans une communication officielle aux États-Unis. Le bureau du shérif du comté de Brewster, au Texas, a lancé un appel à témoins ce mercredi 25 mars 2026, demandant toute information susceptible de permettre de localiser l’homme soupçonné du quintuple meurtre de sa famille à Nantes en 2011.
Un appel à témoins relayé depuis le Texas
Le bureau du shérif a partagé plusieurs photographies de l’homme sur sa page Facebook, accompagnées d’un message invitant quiconque reconnaîtrait l’individu à prendre contact. Le communiqué indique : « Ces photos datent d’environ 15 ans, mais ce sont les plus récentes dont nous disposons. Si vous reconnaissez cet individu ou disposez d’informations, veuillez nous appeler au 432-837-3488, ou composer le 911 en cas d’urgence ».
Malgré la diffusion des images, les autorités locales ont pris soin de nuancer leur appel. Comme le rapporte nos confrères du Parisien, « le shérif insiste sur un point essentiel : aucun témoignage ni aucune observation confirmée n’a été signalé dans la région du Brewster County ou dans l’ouest du Texas ». Le message officiel apparaît donc pour l’heure comme une mesure de précaution, visant à solliciter l’aide du public plutôt qu’à annoncer une piste avérée.
Un signalement ancien et des informations incertaines
Le shérif mentionne par ailleurs un signalement possible datant de 2020. Selon le post, « Xavier aurait possiblement été aperçu en 2020 dans le comté de South Brewster, accompagné d’un Labrador noir ». Cette précision, formulée au conditionnel, illustre l’incertitude qui entoure toute observation récente. À ce stade, rien ne permet de confirmer que l’ancien suspect se trouve effectivement aux États-Unis.
Le fait que les photos diffusées soient « d’environ 15 ans » pose une autre limite : l’apparence de la personne recherchée a pu évoluer. Les enquêteurs demandent donc au public d’être vigilant, tout en rappelant la nécessité de vérifier soigneusement toute information avant d’en tirer des conclusions.
Des hypothèses qui perdurent
La piste américaine n’est pas nouvelle dans cette affaire qui a marqué l’opinion publique française. Dans son ouvrage Xavier Dupont de Ligonnès, Un flic au cœur de l’affaire, l’ancien policier Gilles Galloux exprime sa « conviction profonde qu’il a tout mis en scène et qu’il ne s’est pas suicidé. Je crois qu’il est vivant ». Cette position soutient l’hypothèse d’un départ volontaire vers l’étranger, potentiellement vers les États-Unis, pays pour lequel Dupont de Ligonnès aurait eu une attirance.
Cependant, les spécialistes et les autorités n’écartent pas d’autres scénarios. La thèse du suicide a également été évoquée par certains acteurs de l’enquête et par des commentateurs, et reste une possibilité dans l’état actuel des connaissances. Les éléments disponibles ne permettent pas de confirmer de manière définitive l’une ou l’autre hypothèse.
Ce que révèle cet appel et ce qu’il ne prouve pas
La diffusion d’un appel à témoins depuis le comté de Brewster montre que l’affaire reste active et suscite toujours l’attention des forces de l’ordre, y compris à l’étranger. Elle reflète aussi la difficulté de clore un dossier animé depuis plus d’une décennie par des interrogations non résolues et par des pistes parfois contradictoires.
En l’état, le message du shérif doit être lu comme une sollicitation exhaustive : il s’agit d’élargir le filet des recherches en informant le public. Il ne doit pas être interprété comme la confirmation d’une présence récente de Xavier Dupont de Ligonnès sur le sol américain. Les autorités locales elles-mêmes rappellent l’absence d’observation confirmée dans la zone concernée.
Cette nouvelle diffusion d’images et cet appel à témoins relancent toutefois le dossier médiatique autour d’une disparition qui reste, plus que jamais, au centre d’une énigme judiciaire et humaine. Tant que des éléments nouveaux et vérifiables ne seront pas établis, les hypothèses continueront de coexister, et la recherche d’informations fiables restera la priorité des enquêteurs.


