Boycott et divisions au cœur du Salon
Le Salon international de l’Agriculture, rendez-vous traditionnel et festif pour le monde agricole, a été cette année marqué par une atmosphère inhabituelle. Entre crise persistante du secteur, absence remarquée de bovins et baisse de fréquentation, plusieurs visages de L’amour est dans le pré ont ressenti un malaise inédit.
Plusieurs anciens candidats ont choisi de ne pas se rendre Porte de Versailles. Sur Instagram, le couple Florian et Lola, installés dans la Creuse, a expliqué leur décision de façon nette : « Nous avons pris cette décision suite à la situation actuelle (…) Nos cœurs ne sont pas à la fête, alors non, on ne fera pas honneur au salon de l’Agriculture cette année ». Laurent a également fait le choix de boycotter l’événement, selon les informations disponibles.
Ce refus de participer illustre une division parmi les personnalités médiatisées liées à l’émission. Pour ces agriculteurs, difficile de célébrer quand nombre d’exploitations peinent à survivre. Le geste prend ainsi une dimension symbolique : il renvoie à la colère et à la tristesse d’une profession sous tension.
Appel à la mobilisation et réactions contrastées
Face à ces absences, Karine Le Marchand, animatrice historique de L’amour est dans le pré, a adopté une posture opposée. Elle a invité le grand public à se rendre au Salon pour soutenir les professionnels. « Si vous pouvez y aller en famille, montrer à nos agriculteurs que vous les soutenez, que malgré la crise de la vache, vous aimez l’agriculture française, ça leur fera chaud au cœur », a-t-elle déclaré.
Malgré ces appels, l’ambiance n’est pas revenue à la convivialité habituelle. Plusieurs participants ont partagé des photos et des retrouvailles sur les réseaux sociaux. Parmi eux, Pierre et Frédérique ont fait le déplacement, malgré un contretemps sur la route vers Paris. Fidèles au rendez-vous, ils ont rejoint leurs camarades sur les stands.
Pour autant, les témoignages restent prudents. Frédérique, très active sur Instagram, a dressé un bilan en demi-teinte : « C’est un salon particulier. Heureusement qu’on a les copains qui se succèdent sur le stand pour nous remonter le moral, être là, parce que cette année, c’est un peu différent ce salon. Ce n’est pas comme d’habitude ».
Affluence en net recul et inquiétudes économiques
Le ressenti des exposants se retrouve dans les chiffres. Selon Franceinfo, la fréquentation du Salon aurait chuté de 25 % sur les quatre premiers jours comparé aux éditions précédentes. Ce recul se traduit concrètement dans les allées, où l’on note moins d’animation et des échanges plus calmes entre voisins de stand.
Une agricultrice-présente a résumé la situation : « C’est un salon très compliqué où l’affluence n’est pas au rendez-vous comme les autres années. Ce qui fait qu’on a le temps de voir, même d’interagir avec les voisins, même les exposants sur les îlots, parce que c’est calme ».
Le calme apparent inquiète davantage les professionnels pour qui le Salon représente une vitrine commerciale essentielle. « En 13 ans, c’est la première année où on trouve que le salon est aussi calme. Et j’ai peur qu’il y ait beaucoup d’exposants qui ne puissent pas revenir et qui ne rentrent pas dans leurs frais. Je trouve ça catastrophique quand même d’en arriver là, de boycotter le travail », a-t-elle déploré.
La combinaison d’un appel au boycott, d’une mobilisation contrastée des personnalités médiatisées et d’une fréquentation en recul pose des questions économiques et symboliques. Pour l’heure, le Salon reste un lieu d’échanges et de visibilité, mais l’édition 2026 illustre combien la conjoncture peut peser sur la tenue et la perception d’un événement longtemps perçu comme fédérateur.


