Ce lundi 5 janvier 2026, le plateau de Quotidien a été le théâtre d’une séquence qui n’a pas tardé à alimenter les réseaux sociaux. Invité par Yann Barthès sur TMC, l’humoriste Yann Guillarme a provoqué un moment de télévision en traversant rapidement le décor, saluant l’équipe et souhaitant « une bonne année à tous » avant de s’approcher d’Artus et de l’embrasser en direct, sous les applaudissements et les rires.
Un baiser assumé, un message adressé
La scène, brève mais très commentée, ne s’est pas limitée au geste. Face caméra, Yann Guillarme a immédiatement articulé la portée de son action en lançant, à l’intention d’Ary Abittan : « Tu vois Ary Abittan, c’est ça le consentement, mon pote. » Cette phrase a instantanément glacé le plateau, provoquant un silence perceptible avant que l’émission ne poursuive son déroulé.
Interprétée par beaucoup comme une mise en scène engagée, la séquence a été largement relayée : « 📺 « Tu vois Ary Abittan, c’est ça le consentement, mon pote. » L’humoriste Yann Guillarme s’en prend à Ary Abittan en embrassant Artus sur le plateau de #Quotidien . pic.twitter.com/DHM5LHIMXR »
Un contexte judiciaire et médiatique encore présent
Pour saisir la portée de cette sortie, il faut remettre la scène dans son contexte. Le nom d’Ary Abittan évoque encore, dans l’opinion publique, une affaire qui avait secoué le monde du spectacle. Le 31 octobre 2021, l’humoriste avait été placé en garde à vue après le dépôt d’une main courante pour viol par une jeune femme de 23 ans, qui affirmait avoir été agressée lors d’une soirée alcoolisée. Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, il avait vu sa carrière mise entre parenthèses.
Sur le plan judiciaire, l’affaire a évolué : le 20 juillet 2023, l’information judiciaire a été clôturée, les magistrats estimant que les accusations n’étaient pas suffisamment caractérisées. La plaignante a interjeté appel de cette décision ; « le 30 janvier suivant », la cour d’appel a confirmé le non-lieu. Juridiquement, l’affaire est donc close, mais elle reste vive dans l’espace public et médiatique.
La résonance de la séquence de Quotidien ne peut être dissociée d’un contexte plus large : les débats sur le consentement, les violences sexuelles et la parole des victimes restent au cœur de l’actualité. La chronique de Guillarme a été perçue par certains comme une manière de redire, en spectacle, que le consentement doit être explicite et respecté ; pour d’autres, elle relève d’une communication provocatrice visant à pointer du doigt une personnalité dont la réputation a souffert par le passé.
Réactions et polarisation
Les réactions ont été immédiates et contrastées. Sur les réseaux sociaux, la séquence a suscité des soutiens pour l’initiative et des critiques pour la dimension spectacle mise au service d’un message sensible. Le silence du plateau après la phrase de Guillarme a été interprété comme un moment de tension, témoignage de la difficulté à concilier dérision et sujets graves en direct.
Il convient de rappeler que la situation judiciaire d’Ary Abittan, telle qu’elle ressort des décisions évoquées, est celle d’un non-lieu confirmé. Toutefois, la mémoire collective et médiatique d’une affaire peut continuer à peser sur l’image publique d’une personnalité, bien après la clôture du volet judiciaire.
Enfin, la saillie de Yann Guillarme intervient dans un climat où les prises de position publiques sur les questions de genre et de consentement sont particulièrement sensibles, notamment depuis des propos récents de personnalités publiques à l’égard du collectif féministe #NousToutes. Cette séquence de Quotidien illustre combien, pour les artistes comme pour les émissions de télévision, le spectacle et l’engagement peuvent se rencontrer — avec, parfois, des réactions très tranchées.
Dans ce type de situations, la portée d’un geste télévisuel dépend autant du message proclamé que du contexte judiciaire et social auquel il renvoie. Le baiser sur le plateau et la phrase associée ont ainsi relancé le débat, rappelant la tension permanente entre liberté d’expression artistique et responsabilité médiatique lorsqu’il s’agit de sujets sensibles.


