Le 23 février, l’émission L’heure des pros sur CNews a consacré une partie de son débat à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. Ce qui aurait dû rester une discussion sur la mise en scène et la musique a rebondi sur une polémique impliquant Aya Nakamura, après une sortie jugée choquante d’un chroniqueur invité.
Un échange autour de deux cérémonies
Pascal Praud a ouvert l’émission en saluant la cérémonie italienne du 22 février et en la comparant à l’événement organisé en France l’été 2024. « Hommage à l’Italie. L’Italie qui célèbre l’Italie. C’était bien hier soir de voir la cérémonie de clôture des jeux de Milan-Cortina et évidemment elle résonnait en miroir de notre propre cérémonie. C’est deux versions différentes », a-t-il lancé à ses chroniqueurs.
Pour illustrer son point, le présentateur a diffusé un extrait de La Traviata joué par un orchestre lors de la cérémonie italienne. De retour en plateau, il a résumé son impression par une formule tranchée : « Le détail n’existe pas ». Il a insisté sur la différence de ton entre les deux pays : « Ces deux cérémonies traduisent l’état d’esprit de deux pays : le nôtre où il y a ce penchant pour la laideur et eux qui magnifient ce qu’ils ont été à travers Verdi, etc ».
Le débat a ensuite glissé sur l’identité et l’histoire culturelle. Praud a rappelé, en évoquant la cérémonie française, qu’il avait « constaté qu’à la cérémonie d’ouverture, les trois Français les plus importants de l’Histoire : Jeanne d’Arc, Napoléon et de Gaulle, il n’y a aucune référence […] C’est symptomatique. » Il a aussi commenté la dimension inclusive de la cérémonie française et, plus largement, la question migratoire : « L’Italie n’a pas la même histoire coloniale que la France et, forcément, l’Italie a une histoire différente ». À propos de l’esthétique, il a ajouté : « Les images que vous venez de voir, je les trouve belles […] C’est quasiment d’extrême droite », en faisant référence à la tonalité de la cérémonie italienne opposée à la sienne.
La phrase qui provoque
Au cœur du débat, l’écrivain Richard Millet, présent aux côtés des chroniqueurs, a ensuite pris la parole. S’exprimant sur la prestation musicale et artistique en France, il a visé Aya Nakamura en déclarant : « Cette chanteuse énorme malienne qui chantait devant l’Académie française, c’était une provocation ». Cette phrase, reprise à l’antenne, a été perçue comme une attaque mêlant appréciation artistique et qualificatif physique.
Pascal Praud est alors intervenu pour calmer le ton. « Là, je vais être obligé de modérer. C’est votre avis, c’est votre goût mais vous ne pouvez pas la qualifier physiquement comme vous l’avez fait », a-t-il lancé, coupant net la tribune du chroniqueur. L’échange illustre la tension entre liberté d’expression et limites du débat public sur des sujets sensibles comme l’origine, l’apparence ou la mise en scène des artistes.
Sur les réseaux sociaux, l’extrait de l’émission a circulé, notamment via un message relayant la citation de Richard Millet : « Je préfère La Traviata à cette énorme chanteuse malienne qui chantait devant l’Académie française » (voir le tweet : pic.twitter.com/YU1MXwtujy). La diffusion de cette séquence a alimenté des réactions opposées, entre défense de la liberté d’opinion et condamnation d’une formule jugée stigmatisante.
Dans le rappel du contexte, plusieurs éléments ont été soulignés durant l’émission : la réception globalement positive de la cérémonie italienne, la polarisation autour du traitement artistique lors des cérémonies, et la mention d’une prestation de Céline Dion sous la tour Eiffel lors des cérémonies françaises, présentée à l’antenne comme unanimement saluée par les observateurs présents — un point rapporté par les participants au débat.
Sans autre suite immédiate annoncée dans l’émission, la séquence rappelle combien les débats télévisés peuvent rapidement dépasser la simple critique artistique pour toucher à des questions d’ordre social et politique. La formulation de Richard Millet, et la mise en garde de Pascal Praud, laissent en tout cas une empreinte vive dans la chronique de ce matin sur CNews.


