L’ambiance est électrique sur le plateau de CNews depuis plusieurs jours. Alors que la chaîne a choisi de maintenir à l’antenne Jean‑Marc Morandini malgré sa condamnation pour corruption de mineurs, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer cette décision et l’animateur Sonia Mabrouk a décidé de partir. Morandini a fini par « faire ses valises », selon les images relayées par les médias. Les équipes de la chaîne tentent depuis de composer avec cette crise d’image et d’affichage public, entre regrets et gestes de prudence.
Un climat tendu en coulisses et à l’antenne
Dans ce contexte délicat, les animateurs et chroniqueurs de CNews cherchent à maintenir la continuité des programmes tout en gérant la sensibilité des sujets abordés. Parmi eux, Pascal Praud occupe une place importante : âgé de 61 ans, il présente « L’Heure des Pros » depuis 2016, un rendez‑vous quotidien de débat diffusé du lundi au vendredi à partir de 9 heures.
Sur son plateau, l’actualité politique et judiciaire se mêle régulièrement aux échanges vifs entre chroniqueurs. Mais l’atmosphère actuelle laisse peu de place à la plaisanterie sur des dossiers sensibles, comme l’a illustré l’émission du 12 février, marquée par une séquence tendue autour de l’affaire Epstein.
Échange vif sur l’affaire Epstein le 12 février
Au sommaire du 12 février figuraient des sujets variés, de la loi de programmation de l’énergie à des dossiers internationaux. Interrogé sur l’affaire Epstein, Pascal Praud a réagi à une déclaration du président Emmanuel Macron, selon laquelle il s’agirait d’« une affaire américaine ». « Ce n’est pas du tout une affaire américaine. C’est une affaire française », a assuré le présentateur, sans évoquer l’un des noms régulièrement cités dans les révélations médiatiques liées au dossier, celui de l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, mentionné 809 fois dans les fichiers évoqués par certains médias.
Les révélations autour de l’affaire continuent d’alimenter l’actualité et de nouvelles personnalités sont régulièrement citées. L’un des chroniqueurs présents, Vincent Hervouët, a tenté de détendre l’atmosphère en lançant, sur un ton de plaisanterie : « Plongez‑vous dans les archives diffusées par le ministère de la justice. Vous trouvez votre nom sûrement ! Il y a des milliers de noms qui sont cités. »
La plaisanterie n’a pas été bien reçue. Pascal Praud, visiblement agacé, a retiré ses lunettes pour s’adresser directement à son interlocuteur et rappeler la gravité du sujet. « S’il vous plaît ! Franchement, n’ironisez pas parce qu’il y a plein de gens qui prennent ça au premier degré alors faisons attention Vincent parce que là ce n’est pas drôle en fait. Pardonnez‑moi mais ce n’est pas drôle du tout », a‑t‑il déclaré, coupant court à la tentative d’humour.
Un extrait de cette séquence a été relayé sur les réseaux sociaux, accompagné d’un court commentaire soulignant la fermeté de Praud : « La colère de Pascal Praud sur CNEWS après qu’un invité, sur le ton de la plaisanterie, a laissé entendre qu’il pourrait figurer dans les dossiers Epstein : ‘Ce n’est pas drôle’. »
Entre sensibilité médiatique et responsabilités
Cette mise au point illustre la délicate équation à laquelle sont confrontés les plateaux d’information et de débat : traiter des affaires judiciaires sensibles tout en évitant la dérision, surtout lorsque des vies et des accusations graves sont en jeu. Chez CNews, la crise autour du maintien ou non d’animateurs impliqués dans des polémiques a tendance à rendre chaque séquence plus surveillée.
Pour les journalistes et chroniqueurs, l’enjeu est double : continuer à informer et débattre, sans banaliser des dossiers judiciaires qui suscitent émotion et controverse. Sur le plateau, la réaction de Pascal Praud a rappelé que, parfois, l’humour et la légèreté trouvent vite leurs limites lorsque le sujet est perçu comme douloureux ou sérieux par une partie du public.
La tension à l’antenne reflète donc aussi les débats internes à la chaîne et la pression extérieure exercée par l’opinion publique et les médias. L’évolution de l’affaire Epstein et les nouvelles publications de fichiers continueront d’alimenter les discussions ; en plateau, cela appelle à une vigilance accrue sur la façon d’aborder les personnalités et les accusations citées.


