Un mois après le lancement d’une vaste campagne de prélèvements ADN dans le hameau du Haut-Vernet, l’enquête sur la disparition et la mort du petit Émile progresse, mais reste entourée de nombreuses zones d’ombre. Selon BFMTV, près d’une centaine de profils ont d’ores et déjà été collectés auprès d’habitants, de vacanciers et de personnes présentes sur place le 8 juillet 2023.
Une campagne ADN d’ampleur
Sur le terrain, les opérations se poursuivent, parfois dans les locaux de la gendarmerie de Seyne-les-Alpes, parfois au domicile des personnes concernées. L’objectif affiché des enquêteurs est de comparer ces profils génétiques avec des traces inconnues retrouvées sur les vêtements d’Émile, vêtements découverts fin mars 2024.
Le prélèvement type consiste à recueillir un échantillon buccal à l’aide d’un « grand coton‑tige », puis à relever les empreintes. Robert (prénom d’emprunt), ancien habitant du hameau présent le jour de la disparition, a raconté à BFMTV la rapidité de l’intervention : « Ils étaient deux. Ils ont réalisé un prélèvement ADN avec le grand coton‑tige dans la bouche et ils m’ont pris mes empreintes. Cela a pris 5 minutes, et ils sont repartis. Ils ne m’ont posé aucune question. »
Si certains perçoivent la démarche comme nécessaire, d’autres estiment qu’elle intervient « un peu tard peut‑être par rapport à la disparition du petit ». Les autorités maintiennent cependant que « aucune piste ne sera laissée de côté ».
Analyses en attente et éléments déjà examinés
D’après BFMTV, l’exploitation en laboratoire des prélèvements collectés n’a pas encore débuté. Les magistrats pourraient attendre la fin de la collecte avant de lancer officiellement les analyses, qui devraient être confiées à un laboratoire spécialisé déjà impliqué dans le dossier.
Parallèlement, plusieurs éléments matériels ont déjà fait l’objet d’examens. Les analyses génétiques réalisées sur trois vélos saisis chez les grands‑parents ont été finalisées et remises aux juges, mais aucune information n’a filtré sur leurs conclusions. Les enquêteurs disposent également de traces relevées sur les effets personnels de l’enfant et de traces signalées dans des courriers anonymes, selon les mêmes sources.
L’accumulation de données – profils ADN, analyses d’objets et éléments matériels divers – doit désormais être croisée pour tenter d’éclairer les circonstances entourant la mort d’Émile. Me Julien Pinelli, avocat de la grand‑mère du garçon, a résumé la ligne adoptée par la défense : « L’objectif, c’est d’arriver au constat selon lequel aucune porte ne sera restée fermée, aucune option n’aura pas été suivie. »
Une enquête toujours en cours
Les investigations restent ouvertes et prudentes. Les enquêteurs multiplient les vérifications et les recoupements sans communiquer de conclusions définitives. Le fait que près d’une centaine de prélèvements aient été réalisés montre l’ampleur des recherches, mais n’apporte pas encore de réponse sur les circonstances précises de la disparition et de la mort du petit garçon.
La collecte des profils ADN, la remise des rapports d’analyses et la confrontation des différents éléments matérielles seront des étapes majeures pour faire avancer l’enquête. Pour l’heure, la justice et les enquêteurs poursuivent leur travail en silence, tandis que la famille et les habitants du hameau attendent des éclaircissements.
Reste que, au‑delà des résultats scientifiques attendus, la procédure vise à écarter ou confirmer des hypothèses et à garantir que toutes les pistes auront été explorées. Les autorités n’ont, à ce stade, communiqué ni calendrier précis des prochaines étapes, ni éléments nouveaux sur d’éventuelles suites judiciaires.


