La polémique autour de la mort du streamer Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove, reste vive près de six mois après les faits. Décédé le 18 août 2025, à 46 ans, lors d’un live diffusé sur la plateforme australienne Kick, son décès avait déclenché des enquêtes judiciaires et un vif débat sur les pratiques de certains créateurs de contenus et sur la responsabilité des plateformes.
Rappel des faits et avancées judiciaires
Le direct en question avait duré plusieurs jours et montrait des scènes d’humiliations, d’insultes et d’agressions verbales visant Jean Pormanove et un autre homme identifié sous le surnom de Coudoux. Après le décès de Raphaël Graven, le parquet de Nice a ouvert des investigations pour établir les causes et les circonstances précises de la mort.
Un rapport d’autopsie rendu public en août 2025 a conclu à une cause vraisemblablement médicale ou toxicologique, sans intervention d’un tiers, selon nos confrères de RTL. Ces éléments n’ont toutefois pas mis un terme aux interrogations publiques ni aux demandes d’explications adressées à la plateforme Kick. Des autorités françaises ont requis des blocages et sollicité des éclaircissements sur la modération des contenus diffusés sur ce service.
Narutovie rompt le silence
Cinq mois après ces événements, Owen Cenazandotti, connu sous le pseudonyme de Narutovie, a publié une vidéo de réponse sur YouTube dimanche 4 janvier 2026. Durée annoncée : plus de deux heures. Narutovie, l’un des co-animateurs des vidéos où apparaissait Jean Pormanove aux côtés notamment de Safine, y livre sa version et se défend des critiques médiatiques et publiques.
Au début de son intervention, il déclare : « Bon, je crois que c’est l’heure des explications ». Il décrit sa relation avec Jean Pormanove comme une amitié assortie d’un accompagnement professionnel, affirmant avoir contribué à accroître la notoriété de « JP ». Selon lui, leur collaboration sur les différents réseaux a permis à Raphaël Graven d’améliorer sa situation financière au fil du temps.
Narutovie reconnaît que certains contenus pouvaient être « borderline » mais qu’ils restaient maîtrisés. Il avance n’avoir jamais eu l’intention de provoquer des dommages graves : « On fait des lives borderline, on est borderline. » Il reproche également à certains médias et commentateurs d’avoir tiré des conclusions hâtives avant la fin des investigations judiciaires.
À l’égard de ses détracteurs, Narutovie adopte un ton provocateur dans la vidéo : « je reviens et je vous pisse tous dessus », phrase qu’il adresse à ceux qui l’accusent. Il affirme par ailleurs n’avoir aucune responsabilité dans la mort de son ami et qu’il n’a « rien à se faire pardonner ».
État de santé de Jean Pormanove : témoignage et limites
Sur la question de la santé de Jean Pormanove, Narutovie déclare ne pas avoir connaissance d’une maladie diagnostiquée. Il évoque cependant une « hygiène de vie catastrophique » et affirme avoir encouragé Raphaël Graven à consulter des professionnels de santé. Citation reprise dans la vidéo : « Il n’avait pas de maladie particulière. Le seul truc qu’on savait c’est qu’il avait une hygiène de vie catastrophique. »
Ces éléments reflètent le témoignage d’un proche et co-créateur de contenus ; ils apportent un éclairage subjectif mais ne remplacent pas les conclusions médicales officielles. Les investigations judiciaires restent la source principale pour établir les causes exactes du décès.
La vidéo se conclut par l’annonce d’une reprise de l’activité de création : « Je vais revenir, je vais faire du contenu », déclare Narutovie, annonçant son intention de revenir sur les écrans après ces explications.
Plusieurs questions demeurent en suspens, tant sur le plan judiciaire que sur celui de la régulation des plateformes de streaming. L’affaire Jean Pormanove illustre les tensions entre liberté de création, formats extrêmes et responsabilités individuelles et collectives au sein d’écosystèmes numériques en pleine expansion.


