La condamnation de deux chasseurs poursuivis pour avoir tué un cerf sur la propriété du réalisateur Luc Besson a pris une nouvelle tournure après l’annonce d’un appel. Ce recours, interjeté par l’un des prévenus, a suscité la colère publique et une réaction très vive du cinéaste, qui a dénoncé sur les réseaux sociaux ce qu’il jugeait une volonté de « faire perdre son temps à la justice ».
Les faits : un cerf poursuivi jusque sur la terrasse
Les événements se sont déroulés le 21 février 2025 à Cisai-Saint-Aubin (Orne). Selon les conclusions du tribunal, deux chasseurs, accompagnés d’une meute de chiens, pourchassaient un cerf qui a fui jusque sur la propriété de Luc Besson.
Acculé sur la terrasse de la maison, l’animal a été rattrapé par les hommes. D’après le dossier judiciaire, l’un des chasseurs a maintenu le cerf par les bois pendant que l’autre lui a porté plusieurs coups de dague — onze au total — avant de l’abandonner sur place, laissé pour mort. La mère du réalisateur, présente sur les lieux, a filmé la scène. Ces images, décrites par le tribunal comme particulièrement choquantes, ont alimenté l’indignation publique.
La décision judiciaire et les peines prononcées
Le 20 janvier 2026, les deux hommes ont été reconnus coupables de « chasse non autorisée sur le terrain d’autrui » et de « chasse à l’aide d’un engin, instrument, mode ou moyen prohibé ». Le tribunal les a condamnés à 600 euros d’amende chacun, somme doublée pour l’auteur des coups de couteau — soit 1 200 euros pour ce dernier —, et à verser solidairement 3 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles.
Parmi ces parties civiles figurent des associations de protection animale, notamment l’Association Stéphane Lamart et l’ASPAS. La justice a en outre ordonné le retrait des permis de chasse des prévenus pour une durée d’un an, avec exécution provisoire. Ils devront également suivre un stage de sensibilisation à la réglementation et à la sécurité de la chasse, pris en charge par l’Office français de la biodiversité (OFB).
Dans sa motivation, le tribunal a estimé que le cerf « n’était pas blessé mortellement » à l’arrivée des chasseurs sur la propriété. Les prévenus avaient soutenu vouloir abréger les souffrances de l’animal ; la juridiction a estimé que, face à la situation, ils auraient dû faire reculer les chiens, contacter l’OFB et sécuriser l’occupante des lieux plutôt que procéder à la mise à mort.
La réaction de Luc Besson
La décision de l’un des chasseurs de faire appel a provoqué la réaction énergique de Luc Besson. Sur Twitter, le réalisateur connu pour Léon, Le Grand Bleu ou Lucy a exprimé son émotion et sa colère. Il a écrit : « Comment un homme ne peut-il pas comprendre que tuer de 11 coups de couteau un cerf sous les yeux d’une femme, devant la porte de sa maison, est un acte barbare, répugnant et qu’il suscite une immense émotion ? »
Il a poursuivi : « On aurait pu espérer que sa condamnation le fasse réfléchir sur la gravité de son geste. Au lieu de cela, il préfère faire perdre son temps à la justice. C’est affligeant ». Ce message a amplifié l’attention médiatique autour de l’affaire et relancé le débat sur les pratiques de chasse limitrophes aux propriétés privées.
Un appel qui prolonge la procédure
L’appel interjeté par l’un des prévenus signifie que la procédure judiciaire se poursuit. Cette démarche, justifiée par le prévenu au motif que la cour aurait jugé « sous le coup de l’émotion », doit maintenant être examinée par la juridiction d’appel. Le recours prolonge la vie judiciaire de l’affaire et retardera l’exécution définitive des décisions de première instance.
Au-delà de l’aspect pénal, l’affaire a mis en lumière la sensibilité des propriétaires confrontés à des situations de chasse intrusives et la place des associations de protection animale dans le suivi des dossiers. Les images tournées par la mère de Luc Besson restent, selon le dossier, un élément central de l’indignation suscitée par les faits.
Ce nouveau rebondissement montre combien ce dossier reste sensible, tant sur le plan émotionnel que juridique. Le déroulé de l’appel déterminera si la condamnation sera confirmée, aggravée ou atténuée, mais à ce stade ce sont encore les services judiciaires qui auront le dernier mot.


