Liane Foly, figure de la chanson française, est revenue publiquement sur sa rupture de liens avec la troupe des Enfoirés lors d’une interview accordée à Bel RTL le mardi 7 octobre 2025. À 62 ans, l’artiste s’est exprimée au micro de Benjamin Maréchal, tout en faisant la promotion de son spectacle intitulé La folle repart en thèse. Ses propos, parfois directs, dessinent le portrait d’une artiste qui se dit écartée d’une institution qu’elle a longtemps soutenue.
Un engagement ancien et une absence qui fait sens
Liane Foly rappelle avoir participé aux concerts des Enfoirés depuis 1983, répondant chaque année à l’appel de cette opération caritative. Elle souligne le rôle de Jean-Jacques Goldman, qui, selon elle, lui avait demandé de rejoindre la troupe à ses débuts. Pendant plus de trente ans, explique-t-elle, elle a reçu chaque année un mail l’invitant à réserver quinze jours pour les répétitions et les concerts : « Vous réservez quinze jours l’année prochaine, on sera à tel endroit, et vous serez avec nous », raconte-t-elle.
Selon Foly, l’interruption de ces invitations est le marqueur simple et net d’un éloignement : « Quand vous ne recevez plus de mail, ça veut dire que vous n’êtes plus désiré, ça s’arrête là », affirme-t-elle. La dernière participation de la chanteuse aux Enfoirés remonte à 2020, et depuis elle dit avoir dû « se faire une raison » face à ce silence administratif et convivial.
« Collègues de paillettes » : une formule qui claque
Interrogée sur l’idée qu’il n’y ait « pas de fraternité » au sein des Enfoirés, Liane Foly s’est d’abord montrée surprise, avant d’expliquer sa perception des choses. La chanteuse nuance son propos en rappelant le caractère humanitaire du projet : « La seule chose qu’il faut dire, c’est que c’est une cause humanitaire, j’ai œuvré pour cette cause depuis des années ». Pourtant, elle admet une désillusion quant aux relations personnelles censées animer la troupe.
Liane Foly confie avoir été heurtée par l’absence de marques d’intérêt de la part de certains anciens « collègues » : « Quand ils ne me voient plus arriver, ils se posent des questions ou ils me téléphonent : ‘Comment se fait-il que tu n’es plus avec nous ?’ ». C’est de cette attente déçue qu’est née sa formule devenue centrale dans l’entretien : elle parle désormais de ces artistes comme de ses « collègues de paillettes ». L’expression traduit à la fois la distance et l’amertume d’une artiste qui se sentiveille moins intégrée qu’avant.
Un changement de génération et la place des décisions collectives
Dans son intervention, Liane Foly évoque aussi l’évolution de la troupe : le départ de Jean-Jacques Goldman et l’arrivée d’une « jeune génération ». Elle explique que la composition des Enfoirés dépend d’une « chaîne » décisionnelle : des décideurs et une production. C’est, selon elle, ce processus collectif qui a conduit à son éloignement progressif.
Benjamin Maréchal a insisté sur la difficulté émotionnelle de ne plus se sentir désiré. Liane Foly n’a pas dissimulé que la situation lui a été « très très dure » à vivre au départ. Elle rappelle néanmoins la dimension collective et impersonnelle de l’institution : « Jean-Jacques a toujours dit : ‘De toute façon, les Enfoirés, personne n’y est irremplaçable, puisque c’est une cause humanitaire’ », a-t-elle rapporté.
Une parole publique qui pose des questions
Liane Foly a livré une explication factuelle sur sa situation : absence d’invitations, changement générationnel et logique de décision collective. Elle n’a pas fourni d’éléments supplémentaires sur d’éventuels conflits personnels ou sur des démarches pour renouer des liens, se concentrant sur l’expérience vécue et la façon dont elle l’interprète.
Ce témoignage s’inscrit dans une histoire longue, marquée par un engagement continu aux côtés des Enfoirés, et qui marque aujourd’hui une rupture ressentie. La formule « collègues de paillettes » résume la tonalité de ce constat : une distance mêlée d’amertume, exposée devant les auditeurs d’une grande station francophone.
Mentionnés dans cet article : Jean-Jacques Goldman, André Manoukian, Benjamin Maréchal, Bel RTL.


