Judith Godrèche convoquée le 19 février 2026 après une plainte pour diffamation
L’actrice française Judith Godrèche doit comparaître le 19 février 2026 devant le tribunal de Paris, suite au dépôt d’une plainte en diffamation par le réalisateur Jacques Doillon, âgé de 81 ans. La convocation fait suite à des propos publiés sur le compte Instagram de l’actrice et ancienne compagne de Dany Boon, où elle commentait la façon dont le cinéaste travaillait avec des enfants acteurs.
L’audience programmée est une séance de procédure, consacrée à l’organisation de la suite judiciaire. Elle ne portera pas sur l’examen du fond des accusations. Comme le rappelle la station RTL, la mise en examen peut intervenir automatiquement en droit français lorsqu’une plainte pour diffamation est déposée, ce qui explique le placement de Mme Godrèche sous ce statut dans ce dossier.
Le message incriminé et la réaction de Jacques Doillon
La plainte de Jacques Doillon vise un commentaire publié le 21 février 2024 par Judith Godrèche sous un article partagé sur Instagram. Dans ce message, l’actrice écrivait que la «spécialité» du réalisateur consistait à tourner avec des enfants «avec qui il couche». L’avocate du cinéaste a estimé que cette formulation était diffamatoire et portait atteinte à l’honneur et à la réputation de son client.
Jacques Doillon conteste ces allégations et a choisi la voie judiciaire pour faire valoir sa défense. La convocation de Mme Godrèche au tribunal vise notamment à fixer le calendrier et les modalités d’un procès éventuel, sans qu’il soit ici question de trancher sur la véracité des faits évoqués dans le post.
La plainte pour faits présumés remontant à l’adolescence
Les éléments qui ont conduit à la procédure actuelle trouvent leur origine dans des démarches antérieures de Judith Godrèche. Au début de 2024, elle avait déposé plainte contre Jacques Doillon pour viol sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité, affirmant avoir été victime du réalisateur à l’âge de 15 ans, en marge du tournage du film La Fille de 15 ans (sorti en 1989).
Cette plainte n’a pas donné lieu à des poursuites, en raison de la prescription. D’autres plaintes visant des faits similaires ont toutefois été déposées par d’autres personnes, entraînant l’ouverture d’enquêtes judiciaires. Fin 2024, Jacques Doillon a été placé sous le statut de témoin assisté, une phase d’audition par les enquêteurs qui ne vaut pas mise en examen. Le réalisateur a, depuis le début, nié les accusations portées contre lui.
La prise de parole de Judith Godrèche et le mouvement #MeToo
Sur Instagram, Judith Godrèche a rapidement réagi à la plainte déposée contre elle. Elle a publié : «Doillon a choisi de porter plainte contre moi, c’est le monde à l’envers mais je suis sereine, je me défendrai. Au-delà de moi, j’y vois une manière de dissuader les femmes qui se risquent à dénoncer des abus sexuels. C’est pourquoi je ne veux pas me laisser intimider.»
La plainte en diffamation s’inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole dans le monde du cinéma français. Mme Godrèche a également déposé des plaintes contre d’autres personnalités du milieu, dont le réalisateur Benoît Jacquot, dans la foulée des mouvements de dénonciation des violences et des abus sexuels.
Ce que décidera l’audience du 19 février
L’audience prévue à Paris le 19 février 2026 aura un caractère procédural : il s’agira pour les parties et le tribunal d’organiser la suite de la procédure (calendrier, production de pièces, désignation d’experts éventuels). Aucun élément de fond ne sera examiné ce jour-là, et la question de la vérité des faits allégués ne sera pas tranchée lors de cette séance.
La procédure à venir pourra, selon son évolution, conduire à un procès au civil ou au pénal dans l’affaire de diffamation, parallèlement aux enquêtes déjà ouvertes sur des plaintes pour faits plus anciens. Les protagonistes affichent des positions opposées : Jacques Doillon défend sa réputation et récuse les accusations, tandis que Judith Godrèche affirme sa volonté de se défendre et dénonce ce qu’elle perçoit comme une tentative d’intimidation.


