La semaine dernière, Jean‑Marc Morandini a annoncé qu’il proposait à la direction de CNews de se retirer de l’antenne, pour « rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction ». Cette décision intervient dans un contexte déjà très tendu : l’animateur et producteur a été définitivement condamné le 14 janvier pour harcèlement sexuel et corruption de mineurs, et sa présence à l’écran avait suscité une vive polémique.
Un climat de polémique persistant
La condamnation du 14 janvier a relancé un débat public sur la responsabilité des médias et sur la place accordée aux personnalités condamnées. Malgré la décision de justice, Jean‑Marc Morandini est resté présent à l’antenne de CNews, un choix éditorial qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans certaines rédactions.
De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la contradiction entre la présence du journaliste à l’antenne et les valeurs attendues d’une chaîne d’information. Les échanges ont porté autant sur l’éthique des rédactions que sur la manière dont les groupes audiovisuels gèrent des collaborateurs faisant l’objet de condamnations.
Une nouvelle plainte qui ravive les tensions
La situation s’est encore compliquée début février. Selon Mediapart, un jeune homme prénommé Simon aurait déposé, le 4 février, une plainte pour « tentative de corruption de mineurs de plus de 15 ans » à l’encontre de Jean‑Marc Morandini. Cette information, publiée par le site d’investigation, a alimenté les critiques et relancé les interrogations sur la capacité de la chaîne à apaiser la controverse.
Face à la multiplication des polémiques, la direction de CNews a été placée sous pression. Les discussions internes autour du maintien ou non de Morandini à l’antenne se sont intensifiées, tandis que la pression de l’opinion publique ne faiblissait pas.
Dans ce contexte, l’annonce de l’animateur est arrivée comme une tentative d’apaisement : il affirme avoir proposé lui‑même de se retirer, afin de ne pas nuire au bon fonctionnement de la rédaction.
Le retrait proposé : paroles et motivations
Dans son message public, diffusé notamment via Instagram, Jean‑Marc Morandini explique sa démarche en des termes mesurés. « J’ai proposé ce jour à la direction de CNews de me retirer de l’antenne afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction », déclare‑t‑il. Il ajoute : « Je ne veux en aucun cas être un problème pour ces équipes et pour la direction de la chaîne et du groupe ».
L’animateur reconnaît la difficulté du choix et dit le regretter : « Je regrette profondément de devoir prendre cette décision mais je pense qu’elle est indispensable pour retrouver le calme et la sérénité. » Ces propos cherchent à présenter son retrait comme un acte volontaire, motivé par la préservation du service plutôt que par une pression externe.
Réactions et enjeux pour CNews
Du côté de la chaîne, la décision annoncée devrait permettre de réduire la tension médiatique à court terme, tout en ouvrant de nouvelles questions sur la gouvernance éditoriale et la gestion des crises. Le maintien antérieur de Morandini à l’antenne avait déjà mis en lumière des divergences d’appréciation entre l’impact d’une personnalité et les impératifs d’image d’un média d’information.
Pour l’opinion publique et pour certains observateurs, la question demeure : comment concilier liberté d’expression, présomption d’innocence, décisions de justice et responsabilité morale d’un employeur ? Dans le cas présent, la condamnation de janvier et la plainte supplémentaire attribuée à une date du 4 février pèsent fortement dans le débat.
Sans annonces complémentaires de la part de CNews ou d’informations nouvelles vérifiées, la décision affichée par Jean‑Marc Morandini apparaît pour l’heure comme une tentative de désamorcer une polémique qui a occupé l’espace public ces dernières semaines. Les prochaines étapes dépendront des actions judiciaires en cours et des choix stratégiques de la chaîne.


