Ce jeudi 26 mars 2026, l’émission Complément d’enquête, présentée par Tristan Waleckx, consacrait un numéro aux « nouvelles stars de la cuisine ». Parmi les enquêtes diffusées, l’équipe s’est intéressée au cas de Jean Imbert, chef médiatique et lauréat de la saison 3 de Top Chef en 2012, visé par des accusations de violences formulées par plusieurs femmes.
Le témoignage d’une ancienne serveuse
Parmi les témoins entendus, Laura, une ancienne serveuse ayant travaillé quelques mois aux côtés de Jean Imbert après sa victoire à Top Chef, a livré un récit marqué par l’ambivalence. Elle décrit un chef aux « deux facettes bien distinctes » : l’image télévisuelle, puis le comportement en salle et en cuisine.
« À ce moment-là, je pense qu’il a deux facettes bien distinctes : celle qu’il a à la télé et celle qu’il a au restaurant », confie-t-elle devant la caméra. Selon elle, l’humeur du chef se devine parfois avant même qu’il n’entre, à la manière dont il gare sa voiture ou claque sa porte. « Il faut trois minutes pour se préparer psychologiquement : ‘ok, qu’est-ce qu’on va se prendre aujourd’hui ? Est-ce que ça va être Jean gentil ou Jean méchant.’ »
Laura rapporte des scènes de tension : des éclats de voix, des assiettes projetées et des invectives lancées aux équipes. « Il peut crier très fort quand il n’est pas content de quelque chose, il peut jeter les assiettes… », relate-t-elle.
Insultes répétées et traitement des équipes
L’élément le plus frappant de son témoignage concerne les insultes à répétition, dirigées tant vers le personnel de cuisine que vers les serveuses. Laura affirme que le chef n’aurait « jamais pris la peine d’apprendre le prénom des personnes qui travaillent avec lui en cuisine qui sont d’origine sri lankaise ». Selon elle, les prénoms « sont peut-être un petit peu longs pour lui » et les employés auraient été rebaptisés par des sobriquets insultants : « connard 1, connard 2, fils de pute 1, fils de pute 2… ».
Du côté des serveuses, les termes employés seraient tout aussi dégradants. Toujours d’après Laura, Jean Imbert les appelait « pute numéro 1, pute numéro 2, pute numéro 3… ». Le témoignage dépeint un climat de travail fondé sur la peur et la soumission, selon ses dires.
Ces déclarations ont été recueillies dans le cadre du reportage « Des chefs vraiment top ? Enquête sur les nouvelles stars de la cuisine », diffusé le 26 mars à 23h00 sur France 2 et disponible sur france.tv, indique l’émission.
Des témoignages contradictoires
Si certaines paroles vont dans le sens du récit de Laura, le reportage souligne aussi l’existence de témoignages contrastés. La conseillère en communication de Jean Imbert a fourni à l’équipe de Complément d’enquête le contact de quatre employés qui assurent avoir travaillé dans une « ambiance de travail saine, sans insulte ».
Ces personnes n’ont toutefois pas souhaité s’exprimer face caméra, et aucun des interlocuteurs mentionnés n’a souhaité donner publicement de détails susceptibles de confirmer ou d’infirmer complètement les allégations. D’autres salariés, anonymes, ont partiellement corroboré certaines scènes de tension sans aller jusqu’à décrire un système généralisé d’abus.
Le contraste entre témoignages publics et récits rapportés en off illustre la difficulté de reconstituer, à chaud, la réalité d’un milieu professionnel soumis à une forte pression médiatique et commerciale.
Une affaire sous le regard des médias
Le portrait dessiné par le reportage reste celui d’un chef à la fois célébré et controversé. Les accusations portées récemment contre Jean Imbert, ici remises en perspective par des récits de proximité comme celui de Laura, alimentent le débat sur les rixes entre exigence professionnelle et comportements inacceptables en cuisine.
Sans surprise, les témoignages épars et parfois contradictoires laissent la place à des questions non tranchées. L’émission n’apporte pas de conclusion judiciaire ; elle propose plutôt des éléments de compréhension sur les pratiques et l’ambiance de travail autour de personnalités culinaires très exposées médiatiquement.
Pour l’heure, ce numéro de Complément d’enquête ajoute une voix au dossier en présentant des témoignages directs et des réponses, limitées, des personnes mises en contact par l’entourage du chef. Le dossier restera vraisemblablement suivi, au regard de l’attention publique portée aux figures médiatiques de la gastronomie.


