Ce jeudi 22 janvier 2026, la société Gilbert Coullier Productions a saisi le parquet de Paris et déposé une plainte contre X, « pour entrave à la liberté d’expression, à la liberté de création artistique et à la diffusion d’une œuvre », rapportent BFM TV et l’AFP. La démarche vise à faire reconnaître et sanctionner ce que le producteur décrit comme des actions coordonnées destinées à empêcher la tenue des spectacles de l’humoriste Ary Abittan.
Le producteur dénonce des actions « coordonnées et revendiquées »
Dans le communiqué joint à la plainte, Gilbert Coullier explique que « depuis plusieurs mois, notre artiste, M. Ary Abittan et les équipes qui l’accompagnent font l’objet d’actions répétées, coordonnées et revendiquées visant à empêcher la tenue de ses spectacles : campagnes de dénigrement, pressions sur les salles, appels à la déprogrammation, perturbations de représentations, intimidations et menaces ». Ces éléments figurent dans le dossier transmis au parquet, selon les mêmes sources.
La plainte vise en particulier les appels à mobilisation du collectif féministe #NousToutes. Le producteur estime que ces mobilisations ont pour effet d’entraver la tournée de l’humoriste. La qualification retenue — entrave à la liberté d’expression et à la diffusion d’une œuvre — est une infraction prévue par le Code pénal et passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, précise l’AFP.
Des représentations perturbées ou annulées
Depuis le retour sur scène d’Ary Abittan, plusieurs de ses représentations ont été perturbées, et certaines ont finalement été annulées. Le communiqué du producteur évoque des « perturbations de représentations » et des « pressions sur les salles ». Parmi les dates affectées, des annulations ont été annoncées notamment à Bergerac et en Suisse, selon les informations publiées jusqu’ici.
Ces annulations s’inscrivent dans un contexte tendu, marqué par des débats publics et des mobilisations autour de la présence de l’humoriste sur les plateaux et dans les salles de spectacle. Le producteur insiste sur le caractère coordonné des actions visant à empêcher les spectacles, et a choisi de porter l’affaire devant la justice pour obtenir des réponses et des sanctions éventuelles.
La visite de Brigitte Macron aux Folies Bergère et la polémique
L’affaire a pris une nouvelle tournure en décembre, après une visite de Brigitte Macron aux Folies Bergère, où Ary Abittan se produisait. Lors de cette visite, la Première dame a eu des propos considérés comme insultants envers des militantes féministes, selon les comptes rendus de l’événement. Ces échanges ont suscité une vive polémique médiatique et sur les réseaux sociaux.
En réaction à ces propos, une association féministe a déposé une plainte pour injure publique contre Brigitte Macron. La Première dame a ensuite exprimé ses regrets et a reconnu son « manque de retenue », selon les éléments diffusés par les médias. Cette plainte distincte se déroule parallèlement à la plainte déposée par Gilbert Coullier Productions contre X.
Rappel du contexte judiciaire d’Ary Abittan
L’humoriste avait été mis en cause pour viol. L’affaire judiciaire s’est conclue par un non-lieu, indiquent les sources citées. C’est ce contexte qui alimente en partie les débats publics et les mobilisations auxquelles le producteur fait référence dans sa plainte.
La plainte déposée ce 22 janvier vise donc non seulement à documenter des actions perturbatrices, mais aussi à obtenir une qualification pénale pour des actes qui, selon le producteur, portent atteinte à la liberté de création et à la diffusion d’une œuvre. Le parquet de Paris devra désormais décider des suites à donner à cette plainte contre X.
Dans un climat chargé, cette saisie de la justice pose la question de la conciliation entre liberté d’expression, droit de manifester et protection des spectacles et lieux culturels. Pour l’heure, les éléments contenus dans la plainte et les suites procédurales seront déterminants pour préciser la réalité et l’ampleur des actions dénoncées.


