Bertrand Chameroy, ex-chroniqueur des matinales privées, s’est installé depuis plusieurs années sur les antennes du service public. Après des passages par Europe 1, RTL et le groupe Canal+, le Niçois de 37 ans officie désormais à la télévision dans C à vous, aux côtés d’Anne-Élisabeth Lemoine depuis 2020, et à la radio sur France Inter où il signe une chronique quotidienne dans La Grande Matinale de Nicolas Demorand et Sonia Devillers, « depuis la rentrée » selon les informations disponibles.
Le rendez-vous manqué du 2 février
Le 2 février, cependant, rien ne s’est passé comme prévu pour l’ancien complice de Cyril Hanouna. Son billet, attendu « juste avant le journal de 8 heures », n’a pas été diffusé. La raison évoquée : l’entretien conduit par Benjamin Duhamel à 7h50 avec l’actrice franco‑iranienne Golshifteh Farahani, venue évoquer « la situation catastrophique dans son pays ». L’interview, qualifiée d’« passionnante » dans les comptes rendus, a pris plus de temps que le créneau prévu et a empiété sur le passage habituel de Chameroy.
Présent en studio et prêt à lire sa chronique, Bertrand Chameroy s’est vu signifier par Nicolas Demorand qu’il pouvait « rentrer chez lui ». Leformat de la matinale prévoit en principe un enchaînement : l’interview d’invité, puis la chronique de Chameroy. Or, ce 2 février, l’interview a dépassé le délai imparti et n’a laissé aucun espace pour la chronique attendue.
La réplique acidulée du 3 février
Le lendemain, 3 février, Bertrand Chameroy n’a pas laissé passer l’affront. Il a ouvert sa chronique en revenant sur ce « silence » subi la veille et en le tournant en dérision. Dans un long passage acéré, il a regretté que « la France ait été privée de sa tartine de LOL, de son bijou de causticité radiophonique, de sa pépite d’insolence enrobée de sarcasme, de sa dose d’ironie subventionnée ». Ces formules, teintées d’ironie, visaient clairement l’absence de son intervention la veille.
Il a ensuite précisé sa version des faits : « J’aimerais vous dire que j’ai été victime d’une odieuse censure tant mon papier était piquant et dérangeait jusqu’au plus haut sommet de l’État », a‑t‑il déclaré, avant d’ajouter, plus sobrement, que « la réalité est bien plus triste. La raison de ce silence radio est due au fait que j’étais censé intervenir comme chaque jour juste après Benjamin Duhamel et sa très très grande interview ». Chameroy a poursuivi en taquinant son confrère : « Cinq mois après, ‘Benji l’analyste’ croit encore que 7h50 n’est pas l’horaire de son interview mais sa durée ».
Pour conclure son billet, il a ironisé sur la rémunération : « Quitte à être accusé d’être payé sans rien faire, autant que ça soit le cas pour une fois ». La boutade a été lancée sur le ton du sarcasme, signature du chroniqueur, et a relancé le feuilleton médiatique autour de la matinée interrompue.
Entre lignes : chroniqueurs, journalistes et contrainte du direct
Cet épisode illustre la mécanique fragile des matinales : invités, interviews longues et chroniques quotidiennes doivent cohabiter dans un timing serré. Lorsqu’une interview s’étire, elle empiète sur des plages réservées à d’autres interventions. Ici, la présence d’une invitée internationale et l’évocation d’un sujet grave — la situation en Iran — ont visiblement allongé le temps d’antenne consacré à l’entretien, au détriment d’une chronique attendue.
Sur le plan humain, la séquence a donné lieu à une confrontation verbale publique, entre l’ironie mordante de Chameroy et la nécessité, pour la rédaction, de couvrir des sujets jugés prioritaires. Nicolas Demorand a simplement indiqué à son chroniqueur qu’il pouvait partir, geste professionnel destiné à libérer la place d’antenne. Aucune information supplémentaire n’a été fournie publiquement quant à d’éventuelles sanctions ou suites internes suite à cet incident.
A noter enfin que, selon les déclarations mêmes de Chameroy, il a demandé à être payé malgré son absence à l’antenne ce 2 février, reprenant la formule sur le ton de la plaisanterie : « Quitte à être accusé d’être payé sans rien faire, autant que ça soit le cas pour une fois ». La polémique est restée de tonalité plus humoristique que conflictuelle, portée par le style caustique du chroniqueur plutôt que par une attaque institutionnelle.
Cette petite brouille matinale a suscité des réactions et des conversations sur les réseaux, mais, telle qu’elle a été rapportée publiquement, elle relève surtout des aléas du direct et du jeu parfois tendu entre invités, journalistes et chroniqueurs dans les grandes matinales audiovisuelles.


