Près de deux ans après le verdict du procès dit de l’affaire des viols de Mazan, l’histoire de la famille Pélicot continue d’alimenter l’attention médiatique et l’émotion publique. Si Gisèle Pélicot s’est imposée comme une figure de résilience après avoir raconté les violences qu’elle a subies, son fils Florian choisit aujourd’hui un chemin très différent : l’écriture d’un one man show inspiré de son vécu.
Un projet qui fait débat
La nouvelle a surpris et parfois heurté : un membre proche des victimes envisage de porter sur scène une histoire liée à ce drame. Invité sur RTL le mardi 17 mars 2026, Florian Pélicot a tenté d’expliquer sa démarche et de rappeler le contexte personnel qui l’a conduit à ce projet artistique.
Longtemps en retrait médiatique, il dit avoir pris du temps avant de s’exprimer publiquement. « Je crois qu’il y a une vraie quête d’identité actuellement », confie-t-il. « Pendant deux ans, je ne me suis pas forcément exprimé sur ce sujet parce que j’estimais que ce n’était pas ma place ». Ce silence, ajoute-t-il, n’était pas une fuite mais une période nécessaire de réflexion et de reconstruction.
L’humour comme mécanique de survie
Florian explique avoir trouvé dans l’humour un moyen de tenir et de reprendre un peu de contrôle sur une histoire subie. « Je me suis toujours servi du rire pour désamorcer des choses », déclare-t-il. Il précise que cette façon de faire existait déjà dans l’intimité familiale, y compris pendant les moments liés au procès : « Même durant le procès, quand on se retrouvait au restaurant avec ma famille, je faisais des vannes ».
Cette observation l’a amené à une conclusion personnelle et audacieuse : « J’ai compris à ce moment-là qu’on pouvait rire de ces choses-là ». Florian reconnaît que cette position peut choquer et insiste sur la nuance entre rire et banalisation. Pour lui, l’humour n’efface pas la gravité des faits ; il est plutôt un outil de résilience et de mise à distance.
Le comédien tient à ce que son usage du comique ne soit pas interprété comme une négation du traumatisme : il affirme vouloir éviter toute forme de voyeurisme ou de récits détaillés qui transformeraient la douleur en spectacle gratuit.
Un spectacle ancré dans l’identité artistique
Professionnel de la scène depuis une dizaine d’années, Florian rappelle que la scène est d’abord son métier et que partir de soi fait partie du travail de l’humoriste. « Je crois que quand on est humoriste, c’est le propre d’un artiste de partir de soi », dit-il. Son projet s’inscrit donc dans une démarche artistique personnelle, où il cherche à mêler expérience intime et réflexion sur l’identité.
Il pose toutefois des limites claires : « Je suis en train de l’écrire ce spectacle, et ce qu’il faut que les gens comprennent, c’est que je ne vais pas faire un spectacle sur les viols de Mazan. Y’a pas cette idée de voyeuriste ». Cette précision vise à répondre aux craintes d’un public qui pouvait craindre une exploitation sensationnaliste d’un fait divers douloureux.
Le choix de traiter son histoire sur scène soulève naturellement des questions éthiques et déontologiques, notamment lorsqu’il s’agit de sujets de violence et de traumatismes familiaux. Les réactions sont partagées : certains saluent la volonté de transformation et d’expression, d’autres redoutent une banalisation.
Dans le même temps, la mère, Gisèle Pélicot, poursuit son engagement de sensibilisation. Elle a raconté son histoire dans un livre et, selon les éléments publics, parcourt le monde pour en parler et lutter contre l’invisibilisation des violences. Le contraste entre la trajectoire de la mère et celle du fils souligne la pluralité des façons de répondre à un même traumatisme.
Florian reste, pour l’heure, dans la phase d’écriture. Il se présente comme un artiste qui tente de concilier son métier, son histoire personnelle et le respect dû aux victimes et aux proches. Le débat autour de son projet rappelle que, lorsque la scène rencontre une histoire sensible, l’intention, la forme et la mise en perspective comptent autant que le contenu.
Pour écouter l’intervention complète de Florian Pélicot sur RTL : lien vers l’extrait partagé sur les réseaux sociaux — https://pic.twitter.com/TCbrzGFBTU


