Le nom de Flora Coquerel, élue Miss France 2014, réapparaît dans les dossiers récemment déclassifiés liés à l’affaire Jeffrey Epstein. C’est le site officiel du ministère de la Justice américain, justice.gov, qui a publié des millions de documents. Parmi eux, un courriel daté du 6 mars 2015 mentionne explicitement la jeune femme et laisse entrevoir qu’elle aurait été envisagée pour être envoyée à New York.
Un courriel glaçant et très explicite
Le message, adressé directement à la boîte personnelle de Jeffrey Epstein, porte pour objet la formule anglaise : « Hello Jeffrey one of my new model that Id like to send to New York ». Dans le corps du texte, l’expéditeur présente Flora Coquerel en des termes factuels : « Elle a 20 ans, elle est encore étudiante, elle a été Miss France 2014, son nom est Flora Coquerel. »
Cinq photos de la jeune femme étaient jointes au courriel, selon le document. Le message précise encore que Flora n’était pas disponible lors d’un précédent passage à Paris, puis qu’elle y revenait la semaine suivante. L’échange se termine par la demande « let me know what you think » et une formule de politesse, « warmest regards », indiquant que le correspondant opérait depuis Stockholm.
Un message qui évoque un « scouting » organisé
Ce courriel figure parmi les pièces publiées dans le lot de documents rendus publics par la justice américaine. Pris isolément, il montre qu’un intermédiaire proposait explicitement une jeune femme au réseau de contact d’Epstein. La rédaction des lignes et la présence de photographies renforcent l’impression d’un repérage méthodique, parfois qualifié dans les dossiers de « scouting ».
Le ton du mail et la manière de présenter Flora — essentiellement par son âge, son statut d’étudiante et son titre de Miss France — réduisent sa personne à un profil valorisable pour un cercle privé. Le message laisse entendre une volonté d’organiser un déplacement ou une rencontre au moment opportun, en se renseignant sur ses disponibilités.
Ce que ces éléments prouvent (et ce qu’ils n’établissent pas)
La présence de ce courriel dans les archives judiciaires apporte une information factuelle : des échanges visant à proposer Flora Coquerel à des contacts liés à Jeffrey Epstein ont existé au moins sur le plan documentaire. En revanche, le document ne prouve pas qu’un voyage, une rencontre ou un transfert ait effectivement eu lieu. Les fichiers publiés sont nombreux et contiennent des propositions et des échanges qui ne se sont pas nécessairement concrétisés.
Il convient donc de distinguer la nature de la pièce — une tentative de mise en relation — et les conséquences réelles sur la vie de la personne visée, qui ne sont pas établies par ce seul courriel.
Réactions et contexte
Contactée par nos soins, Flora Coquerel n’a pas, pour l’instant, répondu à notre sollicitation. Le nom de la Miss France illustre cependant la portée médiatique et symbolique des révélations issues des documents d’Epstein : elles concernent des personnalités de divers horizons, parfois célèbres, parfois anonymes.
Ces révélations s’inscrivent dans un ensemble beaucoup plus vaste d’archives et de correspondances rendues publiques par la justice américaine. Elles ont été exploitées par plusieurs médias et chercheurs qui tentent de reconstituer l’ampleur du réseau et des pratiques mises en lumière par les enquêtes.
Dans le cas présent, le document met en lumière la vulnérabilité potentielle des jeunes femmes présentées comme « de valeur » pour des cercles fermés, même lorsqu’elles occupent des positions publiques ou honorifiques.
Enjeux et prudence
Cet épisode rappelle la nécessité d’une lecture prudente des fichiers déclassifiés : un mail peut révéler une intention ou une proposition, sans confirmer des actes. Les pièces judiciaires publiées sur justice.gov constituent toutefois des éléments importants pour comprendre l’ampleur des pratiques dénoncées dans cette affaire.
Pour l’heure, l’apparition du nom de Flora Coquerel dans ces archives soulève des questions légitimes sur le ciblage et la marchandisation présumée de jeunes femmes par des réseaux influents. Mais elle n’apporte pas, à elle seule, de preuve d’un déplacement ou d’un contact effectif entre la Miss France 2014 et les responsables du cercle impliqué.


