Invitée de l’émission Piquantes sur Téva, Élodie Gossuin est revenue sur les conséquences de la médiatisation pour les reines de beauté, en évoquant notamment l’expérience de son aînée Sonia Rolland. Miss France 2001, qui a succédé à Sonia Rolland, a utilisé ce temps d’antenne pour dresser un constat sur l’évolution des rapports entre célébrité et public, du courrier traditionnel aux commentaires immédiats des réseaux sociaux.
Du courrier malveillant à une exposition accrue
Élodie Gossuin a rappelé qu’à l’époque de leur règne la médiatisation se vivait « un peu préservée », avant l’explosion des réseaux sociaux. Selon elle, l’exposition était alors « plus encadrée et moins immédiate », même si elle n’en était pas moins pesante pour certaines élues.
La principale anecdote rapportée lors de l’entretien concerne Sonia Rolland. Élodie Gossuin a expliqué qu’elle avait « vécu chez Sonia Rolland, qui était Miss France juste avant moi, et j’ai vu la haine au quotidien et les courriers qu’elle pouvait recevoir. Par solidarité, tu le constates et c’était vraiment insupportable. »
Elle a précisé l’ampleur de ces messages : « Trop régulièrement et je ne peux même pas dire ce qu’elle recevait. Elle recevait jusqu’à des matières fécales », a-t-elle révélé, soulignant la violence concrète et matérielle de certaines attaques adressées aux personnalités publiques à l’époque.
Les réseaux sociaux, amplificateurs de cruauté… mais pas que
Pour Élodie Gossuin, l’arrivée des réseaux sociaux a modifié la donne. Ils peuvent, selon elle, « amplifier les cruautés », « parce qu’il y a moins de filtre… ça peut paraître plus facile ». Le constat est celui d’une instantanéité qui réduit les distances entre auteur et cible et diminue les freins à l’agression verbale.
Cependant, l’ancienne Miss France a nuancé son propos en rappelant les aspects positifs du numérique. Elle s’est dite « profondément reconnaissante » d’avoir aujourd’hui un espace d’échange avec le public : « J’ai beaucoup de chance d’avoir ce support-là pour échanger avec les gens et que ce soit quand même dans la bienveillance de façon majoritaire… »
La formule illustre une réalité ambivalente : si les réseaux rendent plus visibles les critiques, ils permettent aussi à une majorité bienveillante d’exprimer soutien et solidarité. Élodie Gossuin a insisté sur ce double visage en se montrant vigilante vis‑à‑vis des excès, sans pour autant rejeter l’ensemble du phénomène.
La polémique autour de Dubaï et la défense d’Élodie Gossuin
Récemment, Élodie Gossuin s’est retrouvée au centre d’une polémique après avoir partagé sa frayeur lors d’un séjour à Dubaï, au moment où un conflit a éclaté dans la région. De retour en France, elle a été vivement critiquée sur les réseaux.
En réponse à ses détracteurs, elle a publié un long message expliquant ses émotions et sa position. Elle a écrit : « Je viens de découvrir certains mots très durs, parfois moqueurs, jusqu’à parler de karma… Je lis et entends ». Face aux reproches d’avoir mal exprimé son ressenti, elle a admis une possible maladresse : « J’ai été jugée maladroite dans ma façon d’exprimer ce que je ressentais, et si c’est le cas, je le reconnais humblement. La perfection n’a jamais été mon fort, vous le savez. Mais je n’ai jamais menti. Et je l’assume pleinement : à cet instant précis, c’est exactement ce que je ressentais et ai ressenti pendant tous ces longs jours passés là‑bas. »
Elle a ajouté une dimension personnelle et maternelle à son explication : « J’étais et je suis avant tout une maman. Et une maman fragile. Certains sont forts ou font semblant. D’autres vannent ou vivent simplement l’instant présent. Pas moi ». Puis, appelant à l’empathie, elle a conclu : « Je crois aussi qu’il ne faut pas tout opposer ni tout confondre. Chaque peur est réelle pour celui qui la vit. Et l’empathie ne se divise pas. Elle se multiplie. Et je crois que j’ai le droit d’avoir été terrifiée. De l’être encore. Pour tous ces enfants qui méritent de connaître autre chose que la peur. Pourvu que la paix revienne, partout où elle est menacée. Oui, ça fait grave discours de Miss France… Mais que voulez‑vous, j’en suis une, et celui‑là, on ne me l’enlèvera pas ! Et je suis si fière d’être Française ».
Cette publication, partagée via Instagram, montre combien l’exercice de la parole publique peut être délicat et exposer les personnalités à des retours très contrastés, entre accusations de maladresse et témoignages de soutien.
En évoquant à la fois les lettres haineuses reçues par ses prédécessrices et les critiques contemporaines dont elle a fait l’objet, Élodie Gossuin offre un panorama des difficultés auxquelles sont confrontées les figures publiques. Son récit rappelle que la célébrité, qu’elle soit ancienne ou récente, a toujours un coût humain.


