Depuis la rentrée, W9 a installé un nouveau rendez-vous en access : « Tout beau tout neuf », animé en semaine par Cyril Hanouna. Le 14 janvier, l’émission a abordé des sujets variés — l’absence annoncée de bovins au prochain Salon de l’agriculture, le quarantième anniversaire de la mort de Daniel Balavoine — mais c’est le débat sur l’existence du « racisme anti-blanc » qui a focalisé l’attention et animé les échanges.
Un propos d’actualité qui divise
L’élément déclencheur de la controverse était la prise de position de Jean‑Michel Apathie, invité de LCI, affirmant que le racisme anti‑blanc n’existait pas et que l’expression « sale blanche » relevait d’une insulte ordinaire et non d’une injure raciste. Ces déclarations ont été reprises sur le plateau de W9 et ont provoqué une vive réaction de Cyril Hanouna, visiblement choqué : « Vous savez que je ne suis pas d’accord avec ça et, une fois de plus, je le trouve complètement à côté de la plaque. »
Gilles Verdez, chroniqueur sur « TBT9 », a soutenu l’analyse d’Apathie avant d’entrer dans un long développement théorique. En lisant ses notes, il a défini le racisme comme « un système de domination d’une race sur l’autre avec des humiliations, de la stigmatisation », et a soutenu que, selon lui, « Les Noirs n’ont jamais dominé les Blancs. En France, ce sont les Blancs qui ont colonisé, rendus esclaves les Noirs. Les Blancs ne sont jamais visés en tant que groupe ». Il a ainsi réaffirmé : « Le racisme anti‑blanc n’existe pas. »
Sur Twitter, un extrait du débat a circulé sous la forme d’un message reprenant la phrase « Les noirs n’ont jamais dominé les blancs » et ajoutant : « Débat vif entre @_DanielleMoreau et @gillesverdez sur l’existence du racisme anti‑blanc ! #TBT9 pic.twitter.com/qC8rfoF255 ». Ce passage a contribué à faire réagir immédiatement les internautes et à relancer le débat public.
Confrontation sur le plateau : Verdez face à Danielle Moreau
Durant sa prise de parole, Gilles Verdez a toutefois nuancé son propos en reconnaissant que « en France, des Blancs sont insultés, injuriés, parfois haïs. C’est détestable. C’est condamnable ». Mais il a insisté sur la différence, selon lui, entre insultes individuelles et un phénomène structurel : « Parler de racisme, c’est vraiment un mensonge qui a été véhiculé à l’origine par l’extrême droite et qui aujourd’hui est passé dans l’acception des uns et des autres et j’en suis malade ! »
Face à ces déclarations, Danielle Moreau, également chroniqueuse, est montée au créneau. Assise à la droite de Verdez, elle a fermement rejeté ses arguments : « Là, tu as dit en plus long la même connerie que Jean‑Michel Apathie. Tu as essayé de nous noyer. On ne fait pas de géopolitique, on fait de la vie quotidienne. »
Moreau a dénoncé ce qu’elle a qualifié d’essentialisation des Blancs et s’est alarmée d’une « petite musique » revenant dans le débat public : « On commence à parler des Blancs, à essentialiser les Blancs… Ouvrez les yeux les gauchistes ! », a‑t‑elle lancé, visiblement exaspérée par la tournure des échanges.
Tonalités et enjeux d’un débat sensible
Le débat sur l’existence ou non d’un « racisme anti‑blanc » est devenu un terrain de confrontation politique et médiatique fréquent. Sur le plateau, les positions se sont cristallisées entre une lecture structurelle du racisme — qui met l’accent sur les rapports de pouvoir historiques et les discriminations systémiques — et une lecture focalisée sur les injures et les actes individuels quelle que soit leur cible.
Gilles Verdez a clairement situé son argumentation dans la première grille d’analyse, rappelant l’histoire coloniale et l’existence d’un rapport de domination qui, selon lui, empêche d’assimiler certaines insultes à du racisme systémique. Danielle Moreau, elle, s’est concentrée sur l’expérience quotidienne et la manifestation contemporaine des paroles et des actes qui blessent et excluent.
Sur les réseaux, le court extrait partagé par des internautes a cristallisé les réactions, montrant à quel point ces échanges télévisés peuvent servir de vecteur pour des polémiques plus larges. Les termes employés, la manière de les formuler et le cadrage du débat influent fortement sur la réception du message par le public.
Sur le plateau de W9, la discussion s’est terminée sans consensus apparent, chacun campant sur ses positions. Le débat, lui, est loin d’être clos : il renvoie à des questions plus larges sur la définition du racisme, la distinction entre insulte et système, et la manière de prendre en compte les vécus individuels dans un cadre collectif.


