Les gérants du bar Le Constellation, théâtre d’un incendie meurtrier la nuit du réveillon, ont été entendus ce vendredi 2 janvier comme « personnes utiles à l’enquête ». Selon les premiers éléments, les deux tenanciers sont de nationalité française. Interrogé par la presse suisse, le couple a livré une déclaration frappée par l’émotion: « Nous ne pouvons ni manger, ni dormir. Nous allons tous très mal. On fera tout notre possible pour aider à clarifier les causes. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. Nos avocats sont également impliqués ».
Au moins 40 personnes ont péri dans l’incendie et 119 autres ont été blessées, dont les trois-quarts se trouvent toujours en « urgence absolue », selon les bilans communiqués. L’hypothèse d’un drame provoqué par une défaillance technique ou humaine reste à l’étude, alors que l’instruction a été ouverte pour « incendie par négligence » et « homicide par négligence ».
Des contrôles réguliers sans anomalies
Les premiers éléments de l’enquête signalent que Le Constellation avait subi trois contrôles officiels au cours des dix dernières années. À chacune de ces inspections, aucune problématique n’a été relevée et les rapports concluants indiquaient que l’établissement était conforme aux normes en vigueur.
Ces constats interrogent aujourd’hui: comment un lieu jugé aux normes a-t-il pu devenir le théâtre d’une catastrophe d’une telle ampleur ? Les experts et techniciens dépêchés sur place travaillent à reconstituer la chronologie exacte de l’incendie et à identifier l’origine des flammes et leur propagation. Pour l’heure, aucune responsabilité pénale n’a encore été établie à l’encontre des tenanciers.
Statut des propriétaires et mesures judiciaires
Les époux tenanciers ont été entendus librement vendredi et restent, pour l’instant, « libres de circuler ». Ils ne sont pas soumis à une obligation de résidence en Suisse et peuvent regagner, s’ils le souhaitent, leur villégiature située sur la Côte d’Azur.
Les auditions menées par les enquêteurs visent à recouper les déclarations des témoins, les rapports techniques et les éléments administratifs liés aux autorisations d’exploitation et aux contrôles antérieurs. Les investigations se poursuivent sans que la justice helvétique n’ait, pour le moment, retenu de charges contre le couple.
Un passé judiciaire qui attire l’attention
Le propriétaire, nommé dans les documents comme Jacques Moretti, est un homme connu des autorités françaises. Selon les éléments disponibles, il a purgé une lourde peine de prison en France il y a une vingtaine d’années. En sortie de détention, il aurait quitté la France pour se réinstaller en Suisse, où il a rencontré sa compagne Jessica et ouvert Le Constellation, devenu un bar prisé des jeunes générations.
En France, des affaires relatives au proxénétisme semblent suivre le nom de Jacques Moretti depuis plus de trente ans, selon les informations transmises aux médias. Par la suite, il a également purgé une peine en Savoie dans un dossier qualifié d’important, impliquant des accusations d’escroquerie, d’enlèvement et de séquestration.
L’entourage du couple assure toutefois que Jacques Moretti « n’appartenait plus au spectre de la criminalité organisée » depuis de longues années. Selon ces proches, il se serait rangé grâce au soutien de son épouse et au travail fourni autour de son bar, présenté comme son unique source de revenus. Ces éléments, fournis par l’entourage, n’ont pas été corroborés par des documents publics dans le cadre de cette dépêche.
Présence locale et réactions contrastées
Les époux sont établis depuis plus de vingt ans sur le Haut Plateau valaisan. Jacques Moretti est originaire de Ghisonaccia, en Haute-Corse, tandis que Jessica est native de Nice et aurait une quinzaine d’années de moins que lui. Outre Le Constellation, le couple tient deux autres établissements: Le Senso, également à Crans-Montana, et Le Vieux Chalet, à Lens.
À Crans-Montana, les avis sur le propriétaire sont partagés. Certains employés et habitants évoquent une « mauvaise réputation » dont il aurait souffert, et n’hésitent pas à pointer du doigt son passé. D’autres, en revanche, décrivent un homme « respectueux, avenant et bon vivant ». Le maire de Ghisonaccia a, lui, qualifié Moretti d’« homme sérieux et gros travailleur ».
Les autorités poursuivent leurs auditions et les investigations techniques. Les proches, les clients et le personnel des établissements concernés sont également entendus pour tenter de reconstituer les circonstances exactes du sinistre. À ce stade, la complexité du dossier impose de la prudence: aucune conclusion définitive n’a encore été rendue sur les causes précises de l’incendie ni sur d’éventuelles responsabilités pénales.


