Le monde des médias français est de nouveau secoué par une affaire impliquant l’une de ses figures. Ce lundi 26 janvier 2026, 20 Minutes a annoncé que Thomas Bauder, directeur de l’information de la chaîne CNews, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violences sur ses enfants, une décision révélée à partir d’informations publiées par Mediapart.
Les faits reprochés et la procédure
D’après les éléments relayés, les faits retenus contre Thomas Bauder auraient été commis entre 2017 et 2023. Outre les violences, il lui est également reproché d’avoir tenu des propos « blessants » envers ses enfants, précise Mediapart via 20 Minutes.
Selon le parquet de Paris, l’intéressé a interjeté appel de la décision. Thomas Bauder conteste les faits et, à ce stade de la procédure, bénéficie de la présomption d’innocence, rappelle le parquet. Le recours en appel suspend l’exécution définitive de la peine, le cas échéant, dans l’attente d’une nouvelle audience.
Les informations disponibles proviennent des médias ayant couvert l’affaire : Mediapart a publié les premiers éléments, repris ensuite par 20 Minutes. À ce stade, aucune autre précision judiciaire n’a été ajoutée publiquement par le parquet ni par la direction de CNews dans les comptes rendus cités.
Une nouvelle tension au sein de CNews, déjà éprouvée par l’affaire Morandini
Cette affaire survient alors que la chaîne traverse une autre polémique judiciaire et éditoriale. La Cour de cassation a confirmé, le 15 janvier dernier, la condamnation de Jean‑Marc Morandini pour corruption de mineurs. Malgré cette décision de justice, CNews a choisi de maintenir l’animateur à l’antenne, un choix qui a provoqué de vives divisions au sein de la rédaction et nourri le débat public sur la responsabilité des médias.
Le maintien de Jean‑Marc Morandini sur la grille a poussé plusieurs visages de la chaîne à prendre la parole publiquement. Le 20 janvier, Sonia Mabrouk, alors qu’elle recevait le député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj dans la matinale, a livré un témoignage personnel sur le sujet et sur sa position vis‑à‑vis de la ligne éditoriale de sa direction.
« C’est une décision qui ne m’appartient pas », a déclaré Sonia Mabrouk. « C’est la décision de CNews, qui a assumé cette décision par fidélité, semble‑t‑il. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, et en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons, et qui est d’une gravité réelle. »
La journaliste a ajouté : « Je n’en dors pas depuis plusieurs jours. Je suis personnellement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et je pense, ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes, quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes. Je pense aux mineurs. On ne peut pas me faire ce procès… » Ces déclarations traduisent l’embarras et la tension qui traversent la rédaction.
Depuis, d’autres personnalités de la chaîne se sont positionnées : Pascal Praud et Laurence Ferrari ont exprimé leur soutien à la posture de Mabrouk, tandis que d’autres journalistes et collaborateurs ont choisi de défendre Jean‑Marc Morandini. Ce clivage illustre la difficulté des rédactions à concilier décisions managériales, impératifs éditoriaux et sensibilité aux affaires judiciaires impliquant des collaborateurs.
Enjeux et conséquences
Ces deux dossiers — la condamnation en première instance de Thomas Bauder et la confirmation de la condamnation de Jean‑Marc Morandini — interrogent la gouvernance de la chaîne et sa capacité à gérer des affaires internes qui touchent à la fois à la déontologie journalistique et à la responsabilité morale. Le maintien d’animateurs ou de responsables mis en cause suscite toujours des réactions contrastées, parmi les personnels et le public.
Sur le plan judiciaire, la procédure engagée par Thomas Bauder via un appel montre que l’affaire n’est pas close et que la présomption d’innocence demeure un principe juridique à préserver jusqu’à l’épuisement des voies de recours. Sur le plan médiatique, la nouvelle condamnation relayée ce 26 janvier alimente un débat déjà vif au sein de CNews, où la direction se retrouve face à des arbitrages lourds de conséquences pour l’image de la chaîne.
Les prochains épisodes judiciaires et éditoriaux de ces dossiers permettront de mieux mesurer l’impact concret de ces affaires sur la chaîne et sur les personnes concernées. En attendant, les salariés et téléspectateurs observent les réactions de la direction et des intéressés, tandis que les procédures en cours continueront d’être suivies par la presse.


