Le 17 octobre dernier, la cour d’assises du Tarn a rendu un verdict qui a marqué un tournant dans une affaire qui passionne la France : Cédric Jubillar a été reconnu coupable du meurtre de son épouse, Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 décembre 2020. Condamné à trente ans de réclusion criminelle, le peintre plaquiste a vu la justice se prononcer malgré l’absence du corps de la victime, un élément qui rendait déjà ce dossier particulièrement singulier et médiatisé.
La condamnation a fait basculer des mois de débats et d’expertises. Selon le cadre procédure, il suffisait de convaincre trois jurés de son innocence pour échapper à la prison, mais la cour s’est prononcée en sens inverse. Fidèle à sa ligne de défense depuis le début, Cédric Jubillar a immédiatement interjeté appel. Il a ensuite « changé de stratégie » et choisi un nouvel avocat, a-t-on rapporté, préparant ainsi un nouveau procès qui doit se tenir début 2027 à Toulouse.
Un appel et un nouveau procès programmé
L’appel ouvre une nouvelle phase judiciaire pour l’accusé et pour la famille de la victime. Après la condamnation d’octobre, la décision d’engager une nouvelle procédure a été rapide. Le recours en appel suspend l’exécution de la peine dans l’attente de la tenue de l’audience renouvelée. Le calendrier fixé prévoit que le dossier soit rejugé au début de l’année 2027, et la tenue du procès à Toulouse a été annoncée.
Ce nouveau procès intervient après des mois d’instruction et des débats très médiatisés devant la cour d’assises du Tarn. Il permettra aux parties de présenter à nouveau leurs éléments et leurs arguments. Les avocats de la défense et de la partie civile pourront enrichir leurs dossiers, tandis que la presse et l’opinion publique restent attentives aux évolutions d’un dossier déjà considéré comme emblématique.
L’audition annoncée de Louis, le fils du couple
Un élément inédit pourrait peser lourd dans les débats du procès en appel : l’audition annoncée de Louis, le fils du couple. Âgé de six ans au moment de la disparition de sa mère, l’enfant sera âgé de 12 ans au moment du nouveau procès. Les avocats des enfants Jubillar ont déclaré qu’ils souhaitent qu’il soit entendu par la justice.
« Maintenant, il formalise le souhait de venir en appel donc on l’accompagnera, on le préparera et il viendra en appel », a déclaré Me Malika Chmani, avocate des enfants Jubillar, au micro de France Info. Elle a insisté sur la nécessité de considérer Louis comme un enfant qui avait seulement six ans à l’époque des faits et qui a grandi depuis dans un contexte traumatique. « Un procès ce n’est pas régler ses comptes avec son père. Pour nous, l’idée c’est qu’il dise les choses qu’il a sur le cœur. Si pour Louis c’est important de venir parler à des juges… moi, je ne sais pas ce qu’il va dire. »
Me Laurent Boguet, également avocat des enfants, va plus loin dans l’analyse du comportement du garçon. Il estime que Louis « n’a pas tout dit de cette soirée » et qu’il a « sans doute entendu et vu plus de choses et il le garde dans son traumatisme d’enfant ». Selon lui, « toutes les déclarations que livrera Louis sur le comportement de son père sont minimalistes. Ce gamin, tout ce qu’il subit depuis la disparition et pendant le procès, c’est Cédric Jubillar qui en est l’artisan ». Ces propos illustrent la tension entre la volonté de protéger l’enfant et le besoin, pour la justice, de recueillir son témoignage.
L’audition d’un mineur dans un dossier pénal soulève des questions sensibles : comment concilier la protection psychologique de l’enfant et l’exigence d’entendre sa version des faits ? Les avocats des enfants affirment vouloir préparer et accompagner Louis afin que son audition se déroule dans des conditions adaptées.
Dans l’attente du procès en appel, la famille Jubillar et les acteurs judiciaires se préparent à une nouvelle étape. Le dossier, déjà riche en rebondissements et en controverses médiatiques, devrait voir son enjeu amplifié par l’arrivée possible du témoignage du fils. Le calendrier de début 2027 et la tenue du procès à Toulouse seront désormais les repères à suivre pour la suite de cette affaire hors norme.


