BeIn Sports traverse une période agitée. La journaliste Vanessa Le Moigne, figure de la chaîne pour la couverture de la Coupe d’Afrique des Nations, a annoncé qu’elle mettait un terme à sa couverture du football sur la chaîne, invoquant une vague de harcèlement sans précédent après une interview menée aux côtés d’Édouard Mendy.
Selon ses déclarations, les messages d’insultes et de menaces ont suivi une séquence où elle s’était montrée critique envers le gardien, expliquant avoir « hésité à le féliciter ». Face à cette situation, Vanessa Le Moigne a indiqué qu’elle ne se sentait pas suffisamment soutenue par son environnement professionnel, ce qui l’a conduite à décider d’arrêter de commenter le football afin de se protéger. Elle a abordé l’affaire publiquement, notamment sur les réseaux sociaux et lors de son passage dans l’émission C à vous.
Nouvel épisode : des propos polémiques à l’antenne
La tension au sein de la rédaction de BeIn Sports s’est accentuée ce week-end. Samedi 31 janvier, lors du match opposant Paris FC à l’OM, Daniel Bravo, consultant de la chaîne, a tenu des propos jugés déplacés à l’égard de Gaëtane Thiney, directrice sportive de la section féminine du Paris FC.
Au cours des commentaires, Daniel Bravo a déclaré : « Elle n’est pas très attentive. J’ai l’impression qu’elle parlait lingerie. » Ces propos ont été accueillis avec surprise et indignation par certains observateurs et collègues. Christophe Josse, également présent à l’antenne, s’est publiquement désolidarisé de ces remarques, mais le consultant a poursuivi sur le même ton, en riant.
Réponse de la direction et conséquences
Au lendemain de cette intervention, Florent Houzot, directeur d’antenne, a annoncé au quotidien Le Parisien la suspension immédiate de Daniel Bravo. Le communiqué rapporté par le journal précise : « J’ai informé Daniel Bravo ce matin de sa suspension (…) Il regrette évidemment profondément ses propos et il a appelé Gaëtane pour s’excuser. »
La durée de la suspension n’a pas été précisée par la direction. Une conséquence immédiate est néanmoins confirmée : Daniel Bravo ne commentera pas le match de la Liga prévu dimanche, qu’il devait normalement couvrir.
Ces décisions interviennent dans un contexte déjà sensible pour la chaîne. L’annonce du départ progressif de Vanessa Le Moigne, liée à des attaques ciblées après son interview d’Édouard Mendy, a mis en lumière des questions de sécurité et de soutien aux journalistes face aux pressions des réseaux sociaux.
Une chaîne sous pression
Entre la défection annoncée d’une animatrice phare et la suspension d’un consultant, BeIn Sports se retrouve au cœur d’une polémique aux multiples facettes. D’un côté, une femme journaliste explique se retirer pour protéger sa santé et préserver sa carrière après des attaques personnelles. De l’autre, un intervenant à l’antenne est sanctionné après des propos jugés sexistes envers une dirigeante du football féminin.
La combinaison de ces événements pose des questions sur la gestion des conflits internes et sur la protection des professionnels, en particulier des femmes, au sein des médias sportifs. À ce stade, la direction a pris des mesures visibles, mais plusieurs éléments restent non précisés, comme la durée exacte de la suspension de Daniel Bravo et les éventuelles suites internes à donner aux deux dossiers.
BeIn Sports, dont la programmation et la crédibilité reposent en partie sur la confiance du public et des talents qui l’animent, devra montrer comment elle entend préserver un cadre professionnel respectueux tout en gérant la pression médiatique. Les prochains jours devraient en dire plus sur la suite réservée à ces affaires et sur la manière dont la chaîne accompagnera ses collaborateurs confrontés à des attaques personnelles ou à des critiques publiques.


