Invité sur le plateau de L’Heure des Pros, diffusée sur CNews, l’écrivain Richard Millet a provoqué un vif malaise ce lundi 23 février 2026 en tenant des propos jugés insultants à l’encontre de la chanteuse Aya Nakamura. Ce qui avait débuté comme un échange sur la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina a rapidement dérapé lorsque M. Millet a évoqué une prestation antérieure de l’artiste.
La séquence qui a dérivé
La discussion portait initialement sur les temps forts de la cérémonie de clôture. Les chroniqueurs échangeaient sur les choix artistiques et les performances marquantes lorsque Richard Millet, 72 ans, a fait référence à la prestation d’Aya Nakamura devant l’Académie française en juillet 2024, accompagnée de la Garde républicaine.
Il a alors lancé : « Je préfère La Traviata à cette énorme chanteuse malienne qui chantait (…) devant l’Académie française ». Si la comparaison avec l’opéra de Giuseppe Verdi pouvait s’inscrire dans un débat esthétique, la formulation employée pour désigner la chanteuse a instantanément suscité un malaise sur le plateau.
Plusieurs intervenants ont dénoncé des propos « irrespectueux ». L’une des chroniqueuses a rappelé qu’« on peut simplement nommer l’artiste : vous dites Aya Nakamura, vous n’êtes pas obligés de la décrire comme ça ». Face à ces réactions, Richard Millet a tenté une justification en affirmant que le nom de la chanteuse « lui échappait », explication qui n’a pas suffi à apaiser la tension.
Pascal Praud contraint de recadrer et de demander des excuses
Confronté au malaise et conscient des répercussions potentielles pour l’émission, l’animateur Pascal Praud est intervenu pour recadrer son invité. « Je suis obligé de modérer », a-t-il lancé avant de s’adresser directement à Richard Millet : « Vous nous mettez en difficulté, nous, la chaîne et (…) moi. Parce qu’après c’est moi qui suis responsable ». Il a ensuite demandé explicitement des excuses publiques, estimant que les propos tenus étaient inappropriés.
La demande n’a pas été acceptée immédiatement. Richard Millet a d’abord répondu : « Si vous voulez, je m’en vais », puis a évoqué « l’école de l’honnête homme » en guise de justification. Finalement, sous l’insistance de l’animateur, il a conclu de façon brève : « Je vous présente mes excuses et puis c’est tout ». Ces excuses, prononcées dans un climat tendu, ont néanmoins permis de clore la séquence à l’antenne.
Contexte et réactions : une prestation qui avait déjà divisé
La performance d’Aya Nakamura lors des Jeux de Paris 2024 avait déjà été au cœur de débats publics : certains avaient salué la mise en lumière d’une diversité musicale contemporaine, tandis que d’autres critiquaient le choix comme étant éloigné des codes traditionnels. Le rappel de cet épisode par Richard Millet a donc ravivé des discussions déjà existantes, mais c’est la manière de qualifier l’artiste qui a focalisé les critiques ce lundi.
Sur le plateau, la rapidité des réactions montre la sensibilité du sujet et la vigilance des intervenants face à des formulations perçues comme réduisant ou stigmatisantes. L’intervention de l’animateur visait à préserver la tenue d’un débat public dans un cadre respectueux, tout en assumant la responsabilité éditoriale de la chaîne.
La séquence laisse en tout cas des traces médiatiques : elle illustre combien la manière de s’exprimer sur des artistes et sur des choix culturels peut déclencher des réactions immédiates, surtout lorsqu’il s’agit de figures populaires et visibles comme Aya Nakamura. Les excuses prononcées à l’antenne ont mis fin à l’incident, mais la portée des propos et la manière dont ils ont été reçus continueront sans doute d’alimenter les commentaires dans les heures et jours suivants.


