Retour sur l’affaire qui a stoppé sa carrière
Le 1er novembre 2021 reste une date charnière pour Ary Abittan. Ce jour-là, l’acteur révélé par Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? a été placé en garde à vue puis mis en examen après la plainte d’une jeune femme de 23 ans qu’il fréquentait occasionnellement depuis environ deux mois. Elle a accusé le comédien de viol, affirmant devant la justice que celui-ci lui avait imposé des pratiques sexuelles auxquelles elle n’avait pas consenti. Ary Abittan a toujours nié ces faits.
Face à ces allégations, le comédien s’est retiré de la scène médiatique pour laisser les enquêteurs travailler. Un non-lieu a été prononcé en 2024 et confirmé en janvier 2025, décision qui lui a permis de reprendre progressivement son activité artistique.
Un retour sur scène et le soutien inattendu
Après la confirmation du non-lieu, Ary Abittan a choisi de revenir au stand-up. En février 2025, il a présenté son nouveau one-man show, Authentique, à La Cigale à Paris. Le spectacle a ensuite été joué aux Folies Bergère le mois dernier. Sur ces planches, l’artiste a reçu le soutien, en coulisses, de Brigitte Macron. Une vidéo de cette rencontre a fuité sur les réseaux sociaux : dans l’enregistrement la Première dame qualifierait certains collectifs féministes de « sales connes ». Cette fuite a relancé les polémiques autour de la reprise d’activité de l’humoriste.
Les associations et collectifs féministes restent mobilisés et cherchent à empêcher les futures représentations d’Ary Abittan. Les tensions publiques autour du retour de l’artiste expliquent en partie les décisions prises par certains lieux de spectacle.
Tournée 2026 : treize dates annoncées, mais déjà deux annulations
Sur son site officiel, Ary Abittan affiche treize représentations prévues en 2026. Le public était invité à retrouver l’humoriste le 21 janvier à Hyères (Var), puis à La Grande-Motte et à Lille dans la même semaine. La tournée devait aussi passer par Bruxelles, Compiègne, Nantes, Divonne-les-Bains, Villeneuve-de-Rivière, Melun, Pornic, Poitiers, Muret et se conclure par une date à Pau le 5 décembre prochain.
Toutefois, deux dates ont d’ores et déjà disparu de l’agenda officiel : Bergerac (Dordogne) et Saint-Maurice (Suisse).
Pour Bergerac, l’exploitant de la salle Alliance Expo a confirmé l’annulation du spectacle en invoquant des raisons « financières » : sur les 800 places disponibles, seules 200 avaient été vendues à moins d’un mois de la représentation. Cette information a été accueillie avec satisfaction par certains collectifs engagés contre la tenue du show.
En Suisse, la direction du Théâtre du Martolet à Saint-Maurice a annoncé, le 21 janvier, l’annulation de la date initialement prévue le 23 mai. Le communiqué explique cette décision par le « climat tendu dans lequel ses représentations » se déroulent actuellement en France. La formulation renvoie directement aux polémiques et aux mobilisations autour du nom de l’artiste.
Entre programmation et controverse
La situation illustre la difficulté, pour un artiste éclaboussé par une affaire judiciaire, de retrouver une place publique malgré une décision de non-lieu. Ary Abittan, qui s’est défendu tout au long de l’enquête, a choisi la scène pour reprendre contact avec son public. Mais la réaction d’une partie de la société civile et de structures programmantes montre que la réconciliation entre retour artistique et acceptation publique n’est pas automatique.
Si la télévision et le cinéma ne se sont pas immédiatement précipités pour le réintégrer, la scène reste pour lui le terrain principal de reconquête. Reste à savoir si la tournée annoncée en 2026 conservera toutes ses dates, et comment les programmateurs et les salles géreront la pression des associations et d’un public partagé.


