La querelle entre l’animateur-producteur Arthur et le député LFI Aymeric Caron n’en finit plus. Depuis plusieurs mois, les deux personnalités s’affrontent par réseaux sociaux interposés sur fond de débats politiques et d’accusations publiques. Le conflit a pris une nouvelle ampleur ces derniers jours après la réapparition d’un montage vidéo controversé et les réponses cinglantes d’Arthur.
Une vidéo exhumée et des accusations croisées
Tout a commencé avec la diffusion — puis la réutilisation — d’un montage rassemblant des extraits de l’émission A prendre ou à laisser (APOAL), présentée par Arthur entre 2004 et 2010. Dans ces séquences, l’animateur apparaît dans des situations festives avec des candidates, parfois massé ou touché par celles-ci. Selon ses détracteurs, notamment Aymeric Caron, le montage met en lumière un comportement questionnable. Pour sa part, Caron nourrit une critique politique et très virulente d’Israël, évoquant notamment un « génocide à Gaza », ce qu’Arthur qualifie d’« obsession délirante envers Israël » et considère comme une parole qui pourrait alimenter la haine antisémite.
Aymeric Caron, de son côté, accuse Arthur de confondre critique d’un État et antisémitisme, et reproche à l’animateur de défendre publiquement la politique de Benjamin Netanyahou tout en minimisant la souffrance des Palestiniens. Leurs échanges ont progressivement cessé d’être de simples affrontements d’idées pour prendre la forme d’une véritable guéguerre médiatique, chaque camp cherchant à nourrir le conflit par la réutilisation d’anciens contenus.
La riposte d’Arthur : enquêtes et démentis
Silencieux jusqu’alors sur la question de la vidéo, Arthur a finalement pris la parole le samedi 14 février pour répondre directement à Aymeric Caron. Dans un message acerbe, l’animateur lance : « Chouchou. Ça fait plus de deux ans que ce montage fallacieux tourne. Et c’est la 3ème fois que vous le repostez. Décidément, le recyclage fonctionne à plein régime quand on est à court d’arguments. »
Arthur rappelle que le journal Libération a enquêté sur ces images en interrogeant toutes les candidates concernées. Résultat, selon lui : « zéro plainte, zéro harcèlement ». Il cite encore la conclusion apparente des vérifications : « Oui, oui, enquêtes, vérifications… Cet ennui mortel qu’on appelle les faits ». Dans la même tirade, il critique la répétition des accusations : « Même si c’est devenu un art chez vous, répéter un mensonge 1000 fois ne crée pas une vérité. Ça crée juste de l’écho. »
Pour appuyer son propos, Arthur n’hésite pas à appeler son adversaire à se détendre et use d’un ton moqueur : « Ça va vous aérer le cerveau et faire voler au vent votre chevelure d’argent, au moins quelque chose prendra de la hauteur. »
Un rappel sur le climat social et les violences
Au-delà du différend sur la vidéo, Arthur reproche à Aymeric Caron de consacrer son énergie aux « montages vidéo bidons » plutôt qu’aux problèmes concrets de sa circonscription. Il évoque notamment des incidents récents : « Cette semaine encore, un jeune de 13 ans agressé. Tabassé, dépouillé et insulté de sale juif. »
Arthur souligne que, si un député n’est pas pénalement responsable des actes de voyous, il l’est en partie du climat qu’il entretient par ses mots et ses ambiguïtés. « Quand le climat se trouble, certains se sentent autorisés à passer à l’acte. Sur les montages vidéo bidons, vous êtes très actif. Sur l’antisémitisme réel dans votre circonscription, on attend la même détermination », lance-t-il, pointant la responsabilité morale et politique.
Un bras de fer sans issue apparente
Les deux protagonistes restent campés sur leurs positions. Arthur maintient que les images ressorties sont « fallacieuses » et rappelle l’absence de plaintes formelles suite à l’enquête citée. Aymeric Caron, pour sa part, continue d’affirmer que ses critiques sur la politique israélienne relèvent d’une dénonciation politique et non d’un discours antisémite. La polarisation des échanges sur les réseaux sociaux rend toute réconciliation peu probable à court terme.
Qu’il s’agisse de la portée d’un montage vidéo sorti du contexte ou du rôle des discours publics dans l’émergence de violences, la querelle entre Arthur et Aymeric Caron illustre combien le débat public se trouve aujourd’hui traversé par des enjeux médiatiques, politiques et sensibles. Entre accusation et démenti, la vérité factuelle — comme le rappelle Arthur — reste au cœur des disputes.


