Depuis l’affaire très médiatisée d’Anne Deneuchatel, arnaquée par un homme se faisant passer pour Brad Pitt, les « brouteurs » continuent de sévir sur Internet. Les dernières révélations de Voici confirment que les escroqueries sentimentales en ligne touchent particulièrement des personnes âgées, vulnérables aux manipulations affectives et financières.
Une nouvelle victime partie pour Abidjan
Selon Voici, la dernière personne mise en lumière s’appelle Marie-Josée. Elle aurait été approchée par un profil se faisant passer pour l’animateur Frédéric Lopez. Derrière ce faux compte se trouvait en réalité un homme nommé Christ, âgé de 28 ans et originaire de Côte d’Ivoire.
Progressivement mise en confiance, Marie-Josée aurait pris une décision radicale : quitter la France pour se rendre à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette relation factice se serait traduite par une perte financière importante. Toujours d’après Voici, le préjudice est estimé à près de 100 000 euros.
Face à cette situation, le fils de la victime s’est heurté à l’emprise exercée sur sa mère. Malgré ses tentatives pour la dissuader, il n’a pu la ramener à la raison. Il a finalement déposé plainte pour « abus de faiblesse » et « escroquerie sentimentale sur personne âgée ».
Quand la notoriété est utilisée comme appât
Le recours à l’identité d’une personnalité publique n’est pas nouveau dans ce type d’escroquerie. Le nom de Frédéric Lopez, connu pour l’émission Un dimanche à la campagne, a servi à deux reprises dans ces affaires récentes. Outre Marie-Josée, une autre femme, identifiée comme Marie-Paule, a également cru entretenir une relation avec l’animateur.
Pour Marie-Paule, l’illusion a coûté cher : plus de 65 000 euros, selon Voici. Ébranlée par le décès de son frère, elle a été une proie particulièrement fragile. Le faux interlocuteur a joué sur ce deuil en évoquant, par exemple, un cancer des poumons — un point sensible puisque le frère de Marie-Paule est mort de cette même maladie.
C’est grâce à l’intervention directe de Frédéric Lopez que la supercherie a été mise en lumière. L’animateur a accepté d’enregistrer une vidéo destinée à convaincre la victime que les messages et demandes d’argent ne venaient pas de lui. Dans cette vidéo, il déclare notamment : « Je ne suis pas malade, je vais très bien, je ne vous ai pas demandé d’argent. Je ne vous demanderai et je ne demanderai à personne de l’argent. »
Conséquences humaines et judiciaires
Bien que la prise de conscience ait eu lieu pour Marie-Paule, elle n’a pas souhaité porter plainte et n’a donc pas récupéré les sommes perdues. La situation a toutefois eu des répercussions sur son suivi médical et juridique : elle a été placée sous tutelle et bénéficie d’un accompagnement psychologique pour l’aider à surmonter sa solitude.
Dans le cas de Marie-Josée, la plainte déposée par son fils vise à engager des poursuites pour abus de faiblesse et escroquerie sentimentale sur une personne âgée. Le dossier souligne la difficulté à protéger des proches face à des contacts numériques maîtrisant l’art de la manipulation affective.
Un fléau qui perdure
Ces affaires illustrent la persistance des arnaques sentimentales sur les réseaux et les applications de rencontre. Elles montrent aussi combien la fragilité émotionnelle, liée à un deuil ou à la solitude, peut rendre une personne particulièrement vulnérable.
Les faits rapportés ici sont issus des informations publiées par Voici et d’un reportage diffusé le 31 janvier dans Grands Reportages sur TF1, qui ont permis d’identifier les montants en jeu et les démarches engagées par les proches. Sans statuer sur des éléments non confirmés publiquement, ces récits soulignent l’ampleur des dommages, tant matériels qu’humains, causés par ces escroqueries.
Les victimes restent souvent isolées, et la récupération des fonds est rare lorsque l’argent a transité à l’étranger. Les plaintes déposées — lorsqu’elles sont déposées — cherchent à établir l’escroquerie et l’abus de vulnérabilité, mais la procédure juridique reste longue et complexe.


