En décembre 2024, Dominique Pélicot a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour des viols commis sur son épouse, Gisèle, entre 2011 et 2020. Les faits, d’une particulière gravité, ont été reconstitués au cours de l’enquête et du procès : selon les éléments retenus, Gisèle a été droguée puis violée par son mari, qui aurait également fait venir des hommes approchés sur le web pour abuser de son épouse pendant qu’elle était inconsciente.
Les faits retenus par la justice
Au centre de l’affaire figurent des images et des vidéos retrouvées dans les fichiers de Dominique Pélicot. Elles montrent, d’après l’instruction, sa femme dans des situations de violence sexuelle. Les enquêteurs ont aussi mis au jour des fichiers évoquant d’autres personnes de la famille : des photos de la fille de Dominique et Gisèle, Caroline Darian, ont été retrouvées ; elle y apparaît inconsciente et semi-habillée.
Lors du procès, Dominique Pélicot a nié les viols qui lui étaient reprochés. La condamnation prononcée en décembre 2024 concerne essentiellement les faits subis par Gisèle Pélicot et s’inscrit dans le cadre des dossiers présentés à la cour.
La plainte de Caroline Darian et les zones d’ombre
En parallèle, Caroline Darian a déposé plainte pour « viol et soumission chimique ». Elle affirme avoir été droguée et abusée sexuellement par son père à l’âge adulte. À ce jour, elle ne dispose cependant d’aucune preuve judiciaire — toxicologique, médicale ou matérielle — permettant d’établir formellement les abus qu’elle décrit. Cette absence de pièces n’entraîne pas l’invalidation de sa parole, mais indique que ses accusations restent distinctes des faits qui ont conduit à la condamnation principale contre Dominique Pélicot, centrée sur les violences subies par sa mère.
Caroline se dit « la sacrifiée de cette histoire », citée par nos confrères du Parisien. Elle critique la manière dont l’enquête et le procès se sont focalisés sur les violences commises contre sa mère, estimant que « dans notre famille, Dominique Pélicot a fait d’autres victimes ». Elle évoque des éléments très précis et troublants : selon elle, son père détenait des images de ses belles‑sœurs et d’elle-même, avait des dossiers nommés — elle cite notamment « ma fille à poil » — et aurait proposé à ses nièces des jeux à connotation sexuelle. Ces allégations sont présentées dans ses propos et n’ont pas été toutes retenues ou prouvées par la justice à ce stade.
Face à la condamnation de son père pour détention d’images à caractère sexuel, Caroline déclare : « Cela a été à peine abordé … Mais il y en a des centaines. » Elle assure s’être sentie exclue du procès consacré aux viols de Mazan et affirme avoir suppléé sa mère pour obtenir la vérité : « Je le suppliais de dire la vérité. Je me suis sentie très seule. Ma mère sait que c’est bien moi sur les photos, mais c’était très difficile pour elle d’envisager qu’il avait pu aller jusqu’à l’inceste. D’emblée, elle a été dans la sidération. »
Vers une réconciliation mère‑fille
Plus d’un an après le procès, Caroline, qui s’apprête à fêter ses 47 ans, dit avoir renoué progressivement le lien avec sa mère. Gisèle Pélicot prépare par ailleurs un livre aux éditions Flammarion, selon la même source familiale. Caroline affirme avoir pris récemment des nouvelles de sa mère, qui doit subir une opération chirurgicale liée, affirme‑t‑elle, à une infection contractée « à cause de l’affaire » et nécessitant un suivi à vie. Ces informations sont rapportées par la fille et correspondent à son témoignage.
La relation mère‑fille semble s’apaiser : « Nous avons renoué une relation mère‑fille et j’en suis très heureuse. Elle reste extrêmement importante pour moi. Je suis hyper fière de son parcours et ça n’a jamais été elle la coupable. Elle a vécu 50 ans avec un manipulateur », confie Caroline, qui souhaite désormais à sa mère « la vie qu’elle mérite d’avoir : qu’elle voyage, qu’elle profite à 100 % des belles années qu’il lui reste. »
Caroline affirme que son combat reste orienté vers la reconnaissance des crimes incestueux qu’elle dit avoir subis. Les accusations portées contre Dominique Pélicot, la condamnation pour les viols de Gisèle et les éléments matériels retrouvés forment un dossier complexe, mêlant preuves retenues par la justice et allégations toujours en cours d’instruction ou de vérification.


