Christophe Carrière, ancien chroniqueur de Cyril Hanouna et journaliste cinéma, est revenu sur une agression qu’il dit avoir subie de la part de Gérard Depardieu il y a une trentaine d’années. Invité de Claire Arnoux sur Novo19 dans le talk On a du nouveau, il évoquait l’enquête de Julien Bellver diffusée quelques heures plus tôt sur TMC dans 21h médias, consacrée à la chute de Gérard Depardieu. Dans Les Scandales Depardieu, Julien Bellver affirme que « tout le monde savait » et taisait depuis longtemps des comportements déplacés de l’acteur. Christophe Carrière a confirmé, en apportant son témoignage personnel, qu’il faisait partie de ceux qui ont été visés selon lui par l’artiste.
Le récit de l’ascenseur à Cannes
Selon Christophe Carrière, l’incident remonte à 1998, lors du Festival de Cannes, au sein de l’hôtel Le Martinez. Le journaliste, qui couvrait alors le festival pour Nova, raconte être monté dans un ascenseur avec Gérard Depardieu et trois autres personnes.
« Un ascenseur aussi petit que le nôtre. On était cinq, donc archi serrés », relate-t-il, avant de détailler ce qu’il qualifie d’agression : « Il se colle devant moi, il est dos à moi. Avec sa main, Gérard Depardieu m’attrape l’entrejambe. On ne parle pas d’un chat-bite. On parle d’une saisie. Il tient sa main. » Il précise que l’acte a duré la durée de deux étages, et souligne la stupéfaction ressentie sur le moment : « Je ne le connais pas, je ne l’avais jamais interviewé à l’époque. Je suis passablement sidéré. Et ça dure deux étages. C’est long deux étages ! Et les autres autour sont morts de rire. »
Lorsque les portes se sont ouvertes, Gérard Depardieu aurait prononcé une phrase crue adressée au journaliste alors âgé de 34 ans : « Un jour ou l’autre, dans ce métier, on se fait en…, donc autant que ce soit le plus vite possible. » Christophe Carrière dit être ensuite revenu à Nova et avoir raconté l’épisode dans sa chronique, à une époque où l’anecdote était traitée sur le ton de l’humour et suscitait des rires.
Un pattern et des réactions minimisantes
D’après le récit de Christophe Carrière, l’anecdote n’a pas été isolée. Il assure avoir évoqué l’affaire avec Carole Bouquet, actrice et ancienne soutienne de Depardieu, qui aurait réagi en rit et tenu des propos minimisant la gravité : « C’est parce qu’il devait bien vous aimer », lui aurait-elle dit.
Il affirme également que sa compagne de l’époque, elle aussi journaliste, a elle-même été victime d’une agression de la part de Gérard Depardieu en 1991, à Sarasota, lors de la présentation de Cyrano : « Il lui est tombé dessus dans l’ascenseur, en l’attouchant. Elle s’en est dégagée. Quand elle est rentrée, qu’elle nous a raconté ça, elle l’a raconté plus ou moins avec le sourire, en disant : Ouais, c’est Gérard, il était bourré », rapporte Christophe Carrière.
Le journaliste déplore que, selon lui, les réactions autour de ces faits aient souvent été les mêmes : une capacité à excuser ou banaliser le comportement de l’acteur par des formules du type « C’est Gérard, il est comme ça ». Ce constat s’inscrit dans la thèse développée par Julien Bellver, qui affirme dans son enquête que des déviances de l’acteur étaient connues mais passées sous silence.
Un témoignage au cœur d’un débat public
Ce nouvel apport de Christophe Carrière intervient dans un contexte médiatique où la figure de Gérard Depardieu est confrontée à des accusations et à une forme de « chute » publique détaillée par des enquêtes récentes. Le récit du journaliste s’ajoute à d’autres témoignages et nourrit le débat sur la manière dont l’industrie du cinéma a pu réagir, ou ne pas réagir, face à des comportements reprochés à des personnalités influentes.
Il convient de rappeler que les éléments présentés ici sont rapportés par Christophe Carrière et mis en perspective par le travail de Julien Bellver. Ils constituent des témoignages et des affirmations qui s’insèrent dans un ensemble d’enquêtes et de récits portant sur Gérard Depardieu.
Mentionné dans la conversation médiatique, ce témoignage illustre la manière dont certains récits personnels, longtemps traités sur le ton de l’anecdote, sont aujourd’hui relus à l’aune d’un questionnement public plus large sur le consentement et la responsabilité des figures publiques.


