Le montant versé à Virginie Efira pour la présentation de la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes 2022 a été rendu public lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Ce mercredi 18 février 2026, le rapporteur Charles Alloncle a détaillé les éléments du contrat liant France Télévisions et le Festival, selon le Parisien.
Un contrat global de 2,6 millions d’euros
La somme globale évoquée s’élève à 2,6 millions d’euros. Elle concerne la diffusion par le groupe public de la soirée d’ouverture, la production de contenus télévisés et la délocalisation d’émissions sur place pendant le Festival.
Charles Alloncle a précisé que ce montant se répartissait en deux enveloppes distinctes. Environ 1,3 million d’euros sont consacrés à la production des émissions et à la présence des équipes à Cannes pendant la durée du Festival. Les 1,3 million d’euros restants visent la cérémonie d’ouverture et la conférence de presse associée.
Le cachet de Virginie Efira et dépenses annexes
Parmi les lignes budgétaires dévoilées, Virginie Efira apparaît comme maîtresse de cérémonie de l’édition 2022 et aurait perçu « 60 000 euros » pour sa prestation, d’après les éléments présentés par la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public.
Charles Alloncle a commenté ce montant en le comparant à des références sociales : « L’équivalent de 3 smic annuels pour seulement quelques heures de mission ». Il a également indiqué que des sommes complémentaires figuraient dans le contrat : 1 500 euros pour le maquillage, 1 500 euros pour la coiffure et 300 euros pour la manucure.
À la lecture de ces chiffres, le président de la commission d’enquête, Jérémie Patrier-Leitus, a demandé à Charles Alloncle de « respecter le secret des affaires » en ne divulguant pas le contenu des contrats fournis par France Télévisions. Le député UDR a répondu : « Ça ne trahit en rien le secret des affaires ».
Rédaction des textes et prestataire extérieur
La commission a aussi abordé la question de l’écriture des textes lus par Virginie Efira pendant la cérémonie. Selon Charles Alloncle, ces textes n’auraient pas été rédigés par la comédienne elle‑même mais confiés à un prestataire externe, rémunéré 30 000 euros.
Cette précision met en lumière la diversité des postes financés autour d’une émission événementielle et explique en partie la ventilation du budget évoqué par les enquêteurs.
Réactions du secteur et enjeu concurrentiel
Renaud Le Van Kim, dirigeant de Together Media, la société de production chargée des émissions autour du Festival pour France Télévisions, a relativisé les montants. Il a estimé que ces sommes ne lui semblaient pas excessives au regard des pratiques du secteur privé.
Le producteur a aussi évoqué la concurrence entre diffuseurs privés et publics pour la retransmission du Festival de Cannes. Il a déclaré que la commission venait de faire « quelque chose qui va à l’encontre, non pas seulement du droit des affaires, mais aussi de la négociation qu’on peut avoir ». Et d’ajouter : « Maintenant ils se retrouvent publics et Canal + les a ». Cette remarque illustre la tension entre acteurs publics et privés autour d’événements à forte visibilité.
En réponse, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a vivement réagi : « Ce n’est pas le jeu ! Moi je trouve ça grave ». Il a souligné que la divulgation des sommes, dont le cachet d’1 artiste, pourrait modifier la dynamique concurrentielle et, selon lui, conduire à une éventuelle hausse des montants en raison de la compétition entre diffuseurs, notamment France Télévisions et Canal+.
Contexte et portée des révélations
Ces éléments ont été présentés dans le cadre de la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, qui s’intéresse aux contrats et dépenses engagés par France Télévisions autour du Festival de Cannes. Le Parisien est cité comme source des informations exposées à l’Assemblée.
Les chiffres dévoilés — 2,6 millions d’euros pour l’ensemble du contrat, 60 000 euros pour la prestation de Virginie Efira, et des postes annexes comme 1 500 euros de maquillage — posent des questions sur la transparence et la justification des dépenses publiques liées à des événements culturels très médiatisés.
La commission devra désormais poursuivre ses auditions et analyses pour déterminer si ces pratiques respectent les cadres juridiques et déontologiques applicables au secteur audiovisuel public. Pour l’heure, la révélation du cachet et des frais associés alimente le débat public sur la gestion des fonds et la concurrence entre diffuseurs.


