La Suisse s’apprête à vivre un moment de recueillement national ce vendredi 9 janvier. À 14 heures, une minute de silence sera observée et les cloches des églises retentiront dans tout le pays en hommage aux victimes de l’incendie survenu à Crans-Montana pendant la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre.
Le bilan officiel fait état de quarante morts et d’environ une centaine de blessés. L’enquête, toujours en cours, vise à déterminer les circonstances exactes de la tragédie qui a bouleversé des dizaines de familles et provoqué une vive émotion au-delà des frontières helvétiques.
Les gérants mis en examen et une vidéo potentiellement déterminante
Au centre des investigations figurent les dirigeants du bar Le Constellation. Le couple en charge de l’établissement a été mis en examen pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Tous deux se disent « dévastés et envahis par le chagrin » et affirment ne pas vouloir se « dérober » face à leurs responsabilités.
Par ailleurs, nos confrères italiens du quotidien La Repubblica ont publié une information qui, si elle devait être confirmée, pourrait ajouter une nouvelle dimension à l’affaire. Selon le journal, la gérante, identifiée comme Jessica M., aurait été filmée par les caméras de surveillance en train de quitter le bar, « caisse enregistreuse à la main ». Cette révélation, rapportée par la presse, reste à être validée officiellement par les enquêteurs suisses.
Dans l’attente des conclusions techniques et judiciaires, la question des normes de sécurité appliquées au bar Le Constellation est au cœur des débats. Tous les regards sont tournés vers les constatations des experts qui devront établir si l’établissement respectait les obligations en matière de prévention des incendies et d’évacuation du public.
Des proches en quête de soulagement : le recours aux « coupeurs de feu »
Au-delà des démarches judiciaires et de la gestion des conséquences immédiates, la reconstruction psychologique et physique des victimes s’annonce longue et douloureuse. Selon Le Parisien-Aujourd’hui en France (édition du 8 janvier), de nombreuses familles et blessés ont fait appel à des « coupeurs de feu » depuis la catastrophe.
Ces praticiens, dont l’efficacité n’est pas reconnue par la médecine conventionnelle, prétendent contribuer à soulager les douleurs liées aux brûlures. Claude-Alain Bitschnau, coupeur de feu suisse, a expliqué à nos confrères : « Nous agissons en complément de la médecine, pas à la place de ». Il affirme avoir reçu « près de quarante demandes en lien avec l’accident ».
Les méthodes décrites par ces intervenants reposent souvent sur l’utilisation du prénom et de la date de naissance des personnes concernées, parfois sur des photographies. Si certaines familles disent trouver un réconfort dans ces démarches, rien ne remplace la prise en charge médicale et la rééducation nécessaires pour des blessures graves.
Le recours aux coupeurs de feu illustre l’ampleur du traumatisme provoqué par l’incendie. Plusieurs victimes présentent des brûlures très étendues, parfois évaluées à « 60-70% et plus », ce qui laisse présager des séjours hospitaliers prolongés, des interventions chirurgicales reconstructrices et un long processus de réadaptation.
L’onde de choc de l’accident se mesure aussi au-delà du milieu médical. La nation tout entière est invitée au recueillement, tandis que les familles continuent de réclamer des réponses précises sur les causes et les responsabilités. Les autorités judiciaires et les experts techniques disposent désormais de la tâche d’éclaircir les circonstances de la soirée tragique et de vérifier, point par point, les éléments rapportés par la presse.
En attendant ces vérifications, la journée de commémoration prévue ce vendredi doit permettre aux proches et à la population de partager un moment de mémoire collective. Les cloches des églises et la minute de silence constituent un geste symbolique pour honorer la mémoire des personnes disparues et marquer la solidarité nationale face à une catastrophe qui a meurtri la Suisse.


