La 51ᵉ cérémonie des César, qui s’est tenue jeudi 26 février 2026 à l’Olympia et a été diffusée en clair sur Canal+, a alterné remises de trophées, hommages, rires et moments de tension. Si la soirée a consacré plusieurs grandes œuvres du cinéma français et a offert un César d’honneur à Jim Carrey, elle restera aussi marquée par des séquences de satire politique et un hommage controversé.
Quand l’humour glisse vers la politique : Jack Lang au cœur des plaisanteries
Le ton a été donné par le maître de cérémonie Benjamin Lavernhe, qui a provoqué l’hilarité de la salle en feignant d’ouvrir une enveloppe pour annoncer : « Les nommés aux César dans le dossier Epstein sont… ». La boutade a immédiatement fait écho à des révélations médiatiques récentes qui, selon la presse, ont associé plusieurs personnalités politiques à l’affaire Epstein, et ont déclenché de vifs rires dans l’Olympia.
Quelques minutes plus tôt, l’humoriste Alison Wheeler avait déjà taclé l’ancien ministre Jack Lang lors d’un passage sur scène. Elle a ironisé sur un projet fictif impliquant Benjamin Lavernhe en déclarant : « Allez ! Je me dépêche de lire les nommés. Benjamin tient à ce que cette cérémonie se passe bien. Il compte vachement dessus. » Puis, poursuivant la plaisanterie : « Il est en ce moment même sur un film, dont le financement est en cours, c’est le biopic de Jack Lang. »
Ces interventions, mêlant autodérision et raillerie politique, ont détendu l’atmosphère tout en rappelant que la cérémonie n’échappe pas aux débats qui agitent l’actualité française. Un extrait vidéo de l’un des « roasts » a circulé sur les réseaux sociaux (voir : https://pic.twitter.com/RAXLSCTY5e), amplifiant les réactions du public en ligne.
Un hommage à Brigitte Bardot qui suscite le malaise
La soirée a pris une tonalité plus tendue lors de l’hommage rendu à Brigitte Bardot, icône du cinéma français décédée en décembre 2025. Après la diffusion d’un court magnéto retraçant ses apparitions à l’écran, des huées se sont élevées depuis certains rangs de l’Olympia, provoquant un moment de gêne perceptible à l’antenne.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été contrastées : certains internautes ont salué les personnes qui ont exprimé leur désaccord, jugeant l’hommage inopportun au regard des prises de position publiques de l’actrice au fil des ans ; d’autres ont condamné les huées, estimant qu’un hommage cinématographique ne devait pas être perturbé. La séquence a relancé le débat sur la manière de séparer l’œuvre artistique de la vie et des opinions publiques des artistes.
Une cérémonie entre émotion et polémique
Au-delà des plaisanteries et du malaise autour de l’hommage, la soirée a comporté plusieurs temps forts plus attendus : remises de prix aux films et aux artistes, instants d’émotion et quelques autres huées ponctuelles. La décision d’attribuer un César d’honneur à Jim Carrey fait partie des moments notables, tout comme les réactions parfois contrastées du public présent à l’Olympia.
La 51ᵉ édition des César illustre combien une cérémonie de remise de prix peut être à la fois célébration artistique et tribune publique. Entre rires, hommages et controverses, la soirée a alimenté les conversations sur place et sur la Toile, prouvant que le cinéma français continue de susciter passion et débats au-delà des seuls palmarès.


