Le 4 février 2026, le tribunal correctionnel de Paris a rendu une décision qui a surpris une partie du monde audiovisuel français : Vincent Cerutti a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour agression sexuelle. Les faits, jugés anciens, remontent à 2015 et 2016 et concernent des morsures portées à deux reprises aux fesses d’une collègue, dans le cadre professionnel de la matinale de Chérie FM que l’animateur présentait alors.
Les faits reprochés et la qualification retenue
La plaignante affirme qu’en novembre 2015 elle a été immobilisée puis mordue à la fesse gauche, une agression qui lui a causé une douleur vive et un profond sentiment de sidération. Elle a décrit une ambiance de travail qu’elle jugeait « très misogyne », où certaines attitudes se seraient banalisées sous couvert de plaisanteries.
Au cours de l’instruction, une photographie d’un hématome a été versée au dossier. Ce document a été qualifié d’« impressionnant » par le président du tribunal et a contribué, selon la juridiction, à renforcer la crédibilité du récit de la victime. Le tribunal a estimé que les faits constituaient une agression sexuelle, même s’ils précèdent le mouvement #MeToo.
Lors de l’audience, Vincent Cerutti avait reconnu la morsure, mais il a nié toute violence et toute dimension sexuelle. L’affaire met en lumière la difficulté, pour la justice comme pour les observateurs, de trancher entre des comportements présentés comme des « jeux » internes à une équipe et la qualification pénale retenue par le tribunal.
La réaction de la défense et l’appel annoncé
Au lendemain du jugement, Vincent Cerutti a réagi par l’intermédiaire de ses avocats, qui ont annoncé un appel immédiat. Dans un communiqué relayé sur Instagram, ils ont estimé que « le tribunal, comme parfois dans ce type de dossiers, a rendu sa décision sur le seul fondement des accusations de la plaignante ». Leur stratégie de défense s’articule autour d’un argument central : l’absence d’intention sexuelle.
Les avocats ont également affirmé que la prise en compte des témoignages des autres collègues entendus au cours de la procédure « écarte nécessairement toute intention sexuelle ». Ils reconnaissent un comportement qualifié par eux de déplacé, mais refusent la qualification d’agression à caractère sexuel. Ils ajoutent : « Vincent Cerutti n’a jamais agressé sexuellement quiconque et nous l’établirons en appel. Nous continuerons à privilégier le combat de la mesure et de la vérité à celui du ressentiment. »
Ce recours en appel ouvrira une nouvelle phase judiciaire où la défense entend s’appuyer sur les déclarations d’anciens collègues et sur le contexte professionnel de l’époque, décrit par certains comme permissif, voire toxique.
Un dossier marqué par les tensions entre contexte professionnel et qualification pénale
Le dossier illustre la tension entre la perception d’un milieu de travail et la réponse pénale. La victime décrit un environnement où des comportements jugés inappropriés seraient passés pour des plaisanteries. La défense, elle, met en avant un « jeu d’équipe » présenté comme maladroit, sans intention sexuelle.
Le tribunal, pour sa part, a jugé que les éléments matériels et les éléments de preuve présentés — dont la photographie de l’hématome — suffisaient à retenir la qualification d’agression sexuelle. La condamnation à huit mois de prison avec sursis marque donc un tournant dans la carrière de l’animateur, qui a été pendant des années une figure médiatique : animateur de Danse avec les stars et voix connue de Chérie FM.
La procédure d’appel permettra de préciser si la justice confirmera cette appréciation. À ce stade, la condamnation est prononcée et l’appel est annoncé. Les prochains mois seront déterminants pour la suite de la carrière et de la réputation de Vincent Cerutti, tandis que le débat public sur les comportements en milieu professionnel continue de nourrir les discussions.


